16 juin, prions Bienheureux Marie-Joseph Cassant

Abbaye Sainte-Marie du Désert

16 juin, prions Bienheureux Marie-Joseph Cassant

En 2014, par un décret, Mgr Le Gall invitait le diocèse à prier chaque 16 juin le bienheureux Marie-Joseph Cassant : un saint proche et discret, fragile mais capable, par son intelligence du cœur, de nous mener à Dieu. Notre évêque nous racontait comment il est devenu pour lui un compagnon de vie.

C’est en mettant de l’ordre dans les archives de la communauté que le frère Robert a découvert la correspondance du père Cassant : des lettres soigneusement gardées par sa famille mais aussi des carnets qu’il avait lui-même cousus à la main pour y noter, dans une écriture souvent difficile à lire, des phrases toutes simples qui révèlent un éveil spirituel précoce.
« Comme Germaine Cousin, le père Marie-Joseph vient de la campagne où tout porte à Dieu. Leurs existences se ressemblent : brèves, marquées par l’incompréhension, le poids du travail quotidien, les épreuves de santé. Leurs souffrances, au lieu de les détourner de Dieu, les poussent vers lui »

La dévotion au Sacré-Cœur, si chère au jeune trappiste, est typique de son époque. Le frère Robert le soulignait :
« On trouve chez le père Joseph des affinités d’âme avec sainte Thérèse au Carmel. Le langage du Sacré-Cœur est un langage d’amour qui parle à ceux qui sont démunis intellectuellement. Il les rapproche de la source. »

En décortiquant ses écrits, le frère Robert est entré peu à peu en amitié avec le bienheureux. Il compatissait avec les angoisses de ce jeune homme qui a désiré se donner au Seigneur en devenant prêtre mais qui se heurtait à de terribles limites : il n’accrochait pas avec le latin, n’avait pas de mémoire et subissait les humiliations d’un maître odieux : « Vous ordonner prêtre » lui disait ce dernier, « c’est déshonorer le sacerdoce »

Heureusement, Marie-Joseph Cassant a rencontré sur son chemin le père André Mallet, alors maître des novices. « Cet accompagnement spirituel est capital pour lui » poursuit le frère Robert. « Il y a une connivence très belle entre eux autour du Saint-Sacrement. Ils font ensemble un travail sur la théologie du Sacré-Cœur qui sauve le frère Marie-Joseph. Comme si le Sacré-Cœur le prenait en charge ! » Il peut finalement être ordonné prêtre à l’automne 1902 mais meurt le 17 juin 1903.

Comment le père Cassant, dans sa simplicité de vie, peut-il être un maître spirituel pour notre temps ?

« Il est vraiment de chez nous et surtout proche de nous par ses fragilités. Il nous appelle, à travers sa pauvreté, à porter un autre regard sur les gens : est-ce la rentabilité, les diplômes qui doivent compter ? Les jeunes et les pauvres s’y reconnaissent tout de suite ! Il leur dit qu’il y a une intelligence autre, une intelligence du cœur qui permet d’aller à Dieu grâce à l’amour de Jésus. »

 


Actualité publiée le 13 juin 2018