Édito

Adorons le Seigneur qui nous a faits (Ps 95,6)

Si le mois de mai est dédié à la Vierge Marie, celui de juin est dédié au Sacré Cœur de Jésus. C’est pendant ce mois qu’habituellement l’Église solennise le Corps et le Sang du Seigneur (Fête Dieu) et le Sacré Cœur de Jésus.

Le Sacré Cœur de Jésus, si doux et si humble, est l’école qui nous enseigne l’Amour de Dieu pour les hommes. Chaque battement du Cœur de Jésus nous révèle combien nous comptons aux yeux de Dieu : « Mettez-vous à mon école, car Je suis doux et humble de cœur et vous trouverez soulagement pour vos âmes » (Mt 11,29).

La dévotion au Sacré Cœur de Jésus est intrinsèquement liée à l’adoration eucharistique. En effet, celui qui veut se laisser enseigner par Jésus ne peut pas ne pas entendre son désir que nous demeurions dans son amour (cf. Jn 15,9). Celui qui veut grandir dans l’Amour de Dieu saisit que « l’adoration n’est pas un luxe mais une priorité » (Benoit XVI). Celui qui veut grandir doit se faire petit. Comment se faire petit devant Dieu sans se mettre à genoux ? N’est-ce pas l’attitude qui exprime physiquement et spirituellement notre docilité au commandement : « Je suis le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux devant Moi. » (Ex. 20, 2-3). Nous trouvons là le sens de ce que chante le psalmiste quand il nous invite « Entrez, courbons-nous, prosternons-nous, à genoux devant le Seigneur qui nous a faits ! Car c’est Lui notre Dieu.  » (Ps 95, 6-7a). Adorer le Dieu de Jésus Christ, qui s’est fait pain rompu par amour, est le remède contre les idolâtries. S’agenouiller devant l’Eucharistie est une confession de liberté. Le chrétien catholique ne s’agenouille que devant Dieu, devant le Très Saint Sacrement, parce qu’en Lui, il sait et croit présent le seul Dieu véritable, qui a crée le monde et l’a tant aimé au point de lui donner son Fils unique (cf. Jn 3,16). Le chrétien catholique se prosterne devant Dieu qui s’est d’abord penché devant l’homme, comme un bon Samaritain, pour le secourir et lui redonner vie, et s’est agenouillé devant lui pour lui laver les pieds. Adorer à genoux le Corps du Christ veut dire que là, dans ce morceau de pain, se trouve réellement le Christ. L’adoration à genoux est cette attitude qui exprime notre désir de laisser Jésus continuer de nourrir notre âme de son amour, de sa vérité, de sa paix. Jésus peut continuer de nourrir notre cœur de l’espérance parce que Jésus, devant qui nous nous agenouillons, ne nous juge pas, ne nous écrase pas mais nous libère et nous transforme. Comment alors ne pas trouver de la joie à rester devant Jésus Christ présent au Très Saint Sacrement dans une adoration silencieuse ? Notre trésor n’est-il pas dans l’Eucharistie ?

« A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la Vie éternelle » (Jn 6,68) 

« Jésus s’est fait Pain de Vie pour nous donner la vie. Si vous voulez grandir en amour, revenez à l’Eucharistie, revenez à l’adoration eucharistique. Il nous faut tisser nos vies autour de l’Eucharistie, fixer les yeux sur Lui qui est Lumière. Placez vos cœurs près de son divin Cœur ; demandez Lui de vous accorder la grâce de Le connaître, l’amour de L’aimer, le courage de Le servir. Cherchez- Le avec ferveur. Vous découvrirez que nulle part au monde vous n’êtes mieux accueillis. Nulle part au monde vous n’êtes mieux aimés que par Jésus vivant et vraiment présent au Très Saint Sacrement. Il est vraiment là en Personne… à nous attendre ! » Sainte Teresa de Calcutta.

Adorer le Seigneur qui nous a faits, dans l’Eucharistie, est l’attitude naturelle du chrétien catholique qui confesse la présence vitale du Seigneur dans sa vie. C’est le fruit savoureux que procure en notre cœur l’Esprit de piété qui nous fait demeurer dans l’amour de Jésus, Pain vivant descendu du Ciel, et par Lui, dans l’amour filial du Père Éternel.
 

Abbé Régis l’Huillier+, curé.