Au nom du Père

Partage, égalité, unité, respect… sont les valeurs auxquelles aspirent tous les frères. Pourtant, ne soyons pas naïfs, il n’y a pas de réelle fraternité qui ne passe par l’épreuve. Comment faire correspondre davantage l’homme à sa vocation de frère ?

Tous les parentsle savent, les conflits entre frères et sœurs sont éreintants et l’on a beau écouter les plus grands psychologues-spécialistes-ès-disputes nous expliquer que ces altercations sont une initiation à toutes les relations sociales pour toute la vie… difficile parfois de s’en convaincre ! À peine sortie du sein de leur mère, la fratrie doit déjà apprendre à faire l’expérience du partage, à commencer par celui des parents. Pas facile lorsqu’on songe que pour un enfant, prêter c’est donner un bout de soi ! Au-delà des liens du sang, c’est pourtant bien ce long apprentissage qui va permettre de tisser puis sceller un lien de fraternité authentique qui unira d’abord la famille, puis une famille humaine au sens large. Naître et grandir avec d’autres, appartenir à une fratrie marque profondément notre identité et contribue à nous faire croître en humanité. Une expérience déjà spirituelle.

Pour les chrétiens, un des grands mystères du Christ, c’est qu’Il fait de nous des fils d’un même Père, des frères en humanité. « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Marc 3,34-35) Outre la « paternité transcendante » de Dieu, les chrétiens nouent aussi une relation fraternelle avec le Christ. Ce Fils du Père, ce frère d’une multitude de frères, a par sa mort et sa résurrection réconcilié en lui tous les hommes.

C’est donc bien lui qui constitue, ancre et régénère toute fraternité. On ne peut ainsi pas parler de fraternité sans faire référence à la paternité de Dieu, au sens infiniment aimante et équitable, qui fait de nous des fils mais aussi des frères, membres d’une même grande famille et qui ont vocation à s’aimer.

Alors, la fraternité comme « fondement et route pour la paix  », comme le démontrait le pape François dans son magnifique message adressé le 1er janvier 2014 ? Gageons qu’être « gardiens les uns des autres » est déjà en soi une piste pour y parvenir…

Flamine Favret