Côte-à-côte, sur le chemin du baptême

Père de quatre enfants, agronome de formation, Jean-Régis a derrière lui une carrière dans l’enseignement et la formation agricoles. Mais aujourd’hui, les graines qu’il aide à faire éclore ne sont plus tout à fait les mêmes. Elles sont bien enfouies dans le cœur de chacun et ont besoin de soins attentifs pour se déployer.

Lorsque nous nous sommes rencontrés, c’était le jour de l’anniversaire de son baptême, 72 années plus tôt. Jean-Régis s’attendait à tout moment à être interrompu par les coups de téléphone de sa famille venant lui souhaiter un bon anniversaire. Très habité par sa « mission de prêtre, prophète et roi en tant que baptisé », il a été appelé, très jeune, à s’impliquer dans la vie de l’Église, en formant des enfants de chœur à servir la messe d’abord puis comme catéchiste et, depuis près de vingt ans, comme accompagnateur de catéchumènes.

L’appel de l’Esprit qu’entendent ces adultes en chemin vers le baptême et auquel ils répondent passe toujours par des personnes « vivantes ou mortes », précise Jean-Régis qui ajoute : « On sent la communion des saints qui fonctionne ». Ainsi le Seigneur se manifeste à travers une rencontre, les paroles d’une grand-mère, la participation à une préparation au mariage, mais aussi parfois des recherches sur internet qui donnent des pistes de contact…, autant d’événements différents qui amènent une personne à vouloir s’approcher de l’Église.

« On entre dans la foi par le vécu, pas par la raison »

L’accompagnement des catéchumènes n’a rien à voir avec l’enseignement de contenus théoriques : pas de longs discours. Les accompagnateurs sont là pour cheminer aux côtés de celui qui avance, pour relire avec lui son histoire et y repérer les « clins d’œil de Dieu », partager ses joies et ses peines, écouter ses questions, entendre ses doutes. Aidé de l’évangile de saint Marc, écrit justement pour les catéchumènes, la personne va mettre ses pas dans ceux du Christ, depuis son baptême dans le Jourdain jusqu’à sa résurrection et son ascension au Ciel.

Jean-Régis aimerait que les catéchumènes soient mieux intégrés à la vie des paroisses, dans la prière mais pas seulement : en leur proposant aussi, avant et après leur baptême, des occasions de servir dans ou avec l’Église. En attendant, émerveillé par ce qu’il découvre auprès de ces personnes, il ne se lasse pas de recevoir les incroyables grâces que le Seigneur leur donne.

Marie Garrot