P6270013_MONTGISCARD

 

Située en Midi Pyrénées - département de la Haute Garonne -
à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Toulouse en direction de Carcassonne, la commune de Montgiscard fait partie du Lauragais.

L’église saint André ne se trouve pas au sommet du village
mais reste visible d’assez loin.

 


HISTOIRE ET ARCHITECTURE


Montgiscard se trouve sur une colline dominant la vallée de l’Hers. La voie romaine antique reliant Toulouse à Narbonne, passait au pied de ce mont qui aurait été acquis par le seigneur Giscardus à l’époque carolingienne. Les fortifications sont démantelées dans le premier quart du XIXe siècle, vers 1820.

A l’extérieur, à l’avant de l’église Saint André, le clocher-mur gothique risquant de s’écrouler a été détruit en 1888 et reconstitué à l’identique. Les chapelles encadrent la façade rénovée ce qui se lit très bien depuis le haut de la Grand Rue. Elles étaient prévues plus hautes à l’origine. Trois arcs brisés définissent la hauteur de la voûte actuelle de la nef. La façade est sobre, ornée seulement d’une statue de saint André avec sa croix (métal), ainsi que de la tige à trois chardons - symbole de Montgiscard - et de la Vierge à l’Enfant (deux plaques en pierre). Le clocher-mur proprement-dit comporte six arcs en mitre pour les cloches et deux tourelles pour y accéder. Les trois lignes crénelées rapellent l’architecture militaire.

A l’intérieur, le plan est régulier, avec une nef unique à quatre travées ouvrant sur des chapelles latérales. A l’est se trouve une travée de chœur desservant la sacristie et l’abside à cinq pans. Il n’y a pas de transept.

Pour l’élévation de la nef (1677), la première travée est couverte en partie par la tribune autrefois destinée à la chorale. Elle ne s’ouvre que du côté sud, par une petite baie vers la chapelle des Fonts Baptismaux. Celle-ci comporte une voûte à liernes et tiercerons. On retrouve ces mêmes éléments dans l’abside (1564, date portée sur la clé de voûte). Les arcs doubleaux surbaissés ne sont pas ceux qui étaient prévus à l’origine. Enfin, même s’il y a une fenêtre par chapelle, le niveau supérieur de la nef est aveugle et il n’y a que quatre vitraux dans l’abside. La lumière n’était déjà pas le but majeur du gothique méridional.

 

LES TABLEAUX
 

 Le tableau placé à l’arrière de l’autel est plus ou moins caché par le dais. Il s’agit de la Crucifixion. Le corps du Christ est déhanché et les couleurs ocres ou noires sont denses, même si elles étaient moins patinées au XVIIIe siècle.

Les autres tableaux se trouvant de part et d’autre de la nef et du chœur ont été peints par un même artiste, au XVIIe siècle. Dans la nef se trouvent le Jugement de Salomon, le Sacrifice d’Isaac et la lutte entre le bien et le mal. Les autres sont consacrés à la vie du Christ : Jésus chassant les marchands du Temple "culbuta les tables des changeurs"(Mt 21, 12 et Mc 11, 15) en "se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du temple" (Jn, 2, 15), le Baptême du Christ, le Repas chez Simon, la guérison d’un fils, la Résurrection, la Nativité, la rencontre avec la femme adultère au puits. Sur la plupart de ces dix tableaux, le Christ est reconnaissable : bien que son nimbe tende à disparaître, ses vêtements sont souvent semblables. Les personnages aux gestes expressifs et aux habits colorés, ont le plus souvent des visages ouverts et paisibles. Il s’agit de compositions assez structurées notamment les diagonales.

 

 

LES PEINTURES MURALES


Dans les chapelles se trouvent les peintures murales du XIX e siècle, néo-gothiques (chapelle saint Michel) ou néo-romanes (chapelle sainte Thérèse).
Sur la partie haute de la nef il y a un chemin de croix peint vers 1950. Ces peintures contemporaines sont les mêmes que celles de Notre Dame de Roqueville située sur la commune.
 

plan_montgiscard.gif#1 chaire du XVIIIe siècle en bois doré et marbre rouge et blanc

#2 et #9 anges en bois doré provenant du retable


#3, #5, #6 et #8 bustes reliquaires de saint Justin, saint André, bienheureux Andrès Cacciola et sainte Victoire

#4 et #7 statues en stuc saint Pierre et saint André

#10 Vierge des Douleurs, bois peint et doré du XVIIe siècle (non-pas du Moyen-Age).

#11 Pietà en bois peint de la fin du XVIIIe siècle

#12 Statue de la Vierge foulant un serpent en bois doré du XIXe s..

* Le bénitier, marbre XVIIIe s


Monument au Morts

= Tableaux du XVIIe siècle

1 Le Jugement de Salomon
2 Jésus chasse les marchands du Temple
3 Le Baptême du Christ
4 Le Repas chez Simon
5 La Guérison d’un fils
7 La Résurrection
8 La Nativité
9 Rencontre avec la femme adultère au puits
10 Le Sacrifice d’Isaac par son père, Abraham
11 La lutte du bien contre le mal

= Tableaux du XVIIIe s.

6 La Crucifixion
12 Saint Michel terrassant le dragon

 


LA SCULPTURE

 
Dans le chœur se trouve un superbe ensemble construit et sculpté, datant des XVIIe-XVIIIe s. (bois doré, stuc et marbre de Caunes Minervois).

Sur le maître-autel se trouve le retable. Le tabernacle est encadré par deux bustes-reliquaires et des colonnes de marbre. Deux autres bustes-reliquaires sont de part et d’autre de cet autel.

Au-dessus se trouvent quatre anges tournés vers la Croix abritée sous un dais, portant l’Enfant Jésus. A l’arrière se développe le grand triptyque. Il est porté par des plaques et encadré par quatre colonnes, puis des pilastres ; seuls ces derniers sont en faux-marbre.

De style corinthien, les chapiteaux portent une large corniche dominée par le Saint Esprit (colombe) et Dieu le Père (triangle).
Ainsi, la force des volumes architecturaux est complémentée par la beauté des peintures et des sculptures intérieures.

 

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