Eglise Sainte Marie-Madeleine

Eglise Sainte-Marie Madeleine
 
On entre dans l’église par un lourd portail en fer forgé : ilentrée principale de l'église Sainte Marie-Madeleine de Pibrac (31) date de 1939 et est l’oeuvre d’un artisan de Pibrac : M. Pons.
 
L’église de Pibrac date du XIIIème siècle, mais de cette époque il ne reste que le clocher-mur. La nef a été reconstruite au XVIème siècle, les chapelles datent du XVIIIème siècle, la sacristie et le magasin attenant à l’église du XIXème siècle.
 
clocher de l'église de Pibrac (31 - Haute-Garonne)L’église était anciennement dédiée au Saint-Sauveur, c’est à dire à Jésus-Christ rédempteur des hommes. C’est vers le milieu du XVIIème siècle, qu’on note le nom de Sainte Marie-Madeleine pour l’église de Pibrac, peut- être après la réception de cheveux de cette Sainte conservés dans un reliquaire d’argent.
 
Au fond de l’église trois tableaux de grande valeur :
 
"la mort de sainte Germaine" par Jean Ningres - Eglise de Pibrac (31)Le tableau de Ningres
 
Il représente la mort de la Sainte. Jean Ningres, jeune artiste toulousain, en fit don à l’église en 1903. La défunte apparaît étendue par terre, couchée sur un tapis de sarments.
 
"Sainte Germaine" par le comte de Pibrac - Eglise de Pibrac (31)Le tableau du Comte de Pibrac :
 
Peint par Raoul de Pibrac, il représente la mort de Sainte Germaine. Elle y apparaît étendue sur un lit formé de planches grossières. Elle a les mains jointes et le chapelet enroulé autour de ses doigts. Sur le fond, l’escalier traditionnel, un coin du râtelier et une porte grossière, sur le devant, deux sabots traînant dans la paille et deux brebis. Ce tableau, riche de coloris, est remarquable par le fini du dessin. Il eut les honneurs du salon de Paris en 1910.
 
"Sainte Germaine" par Besson - Eglise de Pibrac (31)Le tableau de Besson :
 
Il fut exécuté en deux mois, à Rome, en 1853 et fut porté à Pibrac en 1854, année de la béatification, par le R.P. Jean Baptiste Besson, dominicain.
 
On raconte que le pape Pie IX voulut, un jour aller le surprendre dans son travail et que, en signe d’admiration, il lui baisa la main. Jamais main d’artiste n’avait reçu pareil hommage. C’est dire tout le prix du tableau que nous possédons. C’est le même Père Besson qui a décoré la Basilique de Saint‑Sixte à Rome.
 
Le tableau représente la Sainte dans l’attitude de l’extase, les mains un peu grandes, tournées légèrement vers le ciel et la figure illuminée par la vision qu’elle contemple. Autour de la bergère sont groupés cinq agneaux dans une attitude de tendresse et de confiant abandon. Au loin, au sommet du coteau, on aperçoit le château et l’église. Au bas du tableau s’épanouissent deux fleurs, à la tige délicate, rappelant que Germaine est la fleur des champs et le lys des vallées : flos campi et lilium convallium.
 
L’orgue
 
le buffet de l'orgue de Pibrac (31 - Haute-Garonne)Au fond de l’église, au dessus du baptistère nous pouvons admirer l’élégant buffet de l’orgue. Le buffet réalisé par Louis Lacassin, ébéniste, serait antérieur à l’orgue, fin XVIIIème ou début XIXème siècle. Il fut adapté à la configuration de l’église. Lacassin construisit de nombreux buffets d’orgue dont ceux des églises Saint-Nicolas et Notre-Dame de la Daurade à Toulouse.
 
Dans le livre du Comte de Pibrac (1882), il est fait mention d’un orgue portatif en 1737, cadeau du curé Cor. L’orgue actuel a fait l’objet d’un classement aux Monuments Historiques et d’une restauration en 1980 par Alain Leclère. Feuga en serait le constructeur sans doute avec l’aide de Théodore Puget. Celui-ci aurait finalement construit l’orgue de Pibrac en 1863. L’orgue fut inauguré au mois de juin 1864 avec l’organiste de la métropole, titulaire de l’orgue de la cathédrale Saint-Etienne à Toulouse.
 
Pibrac possède un orgue de transition de 16 jeux bien conçu pour l’église. Le clavier de Grand-Orgue est de tradition classique, tandis que le récit avec sa boîte expressive et ses jeux romantiques s’inscrit dans l’orientation prise par la facture d’orgue dans la deuxième moitié du XIXème siècle.
 
Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de l’orgue de Pibrac et son orgue virtuel. Le site est une création de l’association des amis de l’orgue de Pibrac, qui organise de nombreux concerts dans l’église.
 
La nef
 
La nef est un vaste rectangle, coupé par deux chapelles latérales entourant le choeur, l’une dédiée à la Sainte Vierge, l’autre à Sainte Germaine. La chaire appartenait à l’ église des Dames de la Visitation.
 
Le chemin de croix
 
La rénovation, en 1993, des peintures de l’église met en valeur le chemin de croix qui orne ses murs. Il est très simple mais d’une grande finesse, c’est une croix du Languedoc cléchée évidée, pommetée (en forme de clef antique, creusée dans le bois, dont les extrémités se terminent par des boules), sculptée en plein bois de chêne. Nous devons cette belle oeuvre d’art, qui date de 1952, à un artisan ébéniste de Pibrac : M. Jacques Bravo.
Le chœurle choeur de l'église Sainte Marie-Madeleine de Pibrac (31 - Haute-Garonne)
 
Dans le choeur on remarque la présence de six statues.
 
De gauche à droite, en regardant l’autel : Saint Augustin, Saint Jean Baptiste, Saint Pierre puis Saint Paul, Saint Etienne,et Saint Ignace. Au dessus de l’autel on peut voir un bas relief en bois représentant Marie-Madeleine à genoux aux pieds du Christ, « Noli me tangere » lui dit-elle, (ne me touche pas).
 
Le retable, datant du XVIIIème siècle, est de style corinthien, en bois sculpté, peint et doré.
 
En 1793, pendant la Révolution, on dépouilla toutes les églises des monastères de Toulouse et on transporta à l’église de Pibrac tous les ornements qui la décorent excepté le bas relief central (le Christ et Marie-Madeleine) qui a été taillé pour Pibrac. L’ensemble des boiseries ainsi que le tabernacle et le bel autel de marbre proviennent de la chapelle toulousaine des Dames du Refuge, rue du Taur, où sont aujourd’hui les Soeurs de Nevers.
 
 
Chapelle de la Vierge
 
Dans la chapelle de la Vierge où se trouve la porte donnant accès à la sacristie, on peut voir une très belle statue de la Vierge et une statue de Sainte Bernadette sous un splendide plafond à caissons.
 
Chapelle de Sainte Germaine
 
la châsse où sont conservées les reliques de sainte Germaine de Pibrac (31)Dans la chapelle de Sainte Germaine se trouve la châsse où sont conservées les reliques de la Sainte. Ce bijou d’orfèvrerie a 1,30m de long, 0,50m de large et 1 m de haut. Il est en cuivre doré, de forme ogivale et semble être une miniature de la Sainte Chapelle à Paris. Chaque arc d’ogive fermé par une vitre en cristal, est surmonté d’un élégant clocheton. Au sommet la Sainte est représentée à genoux au pied d’une croix ; des brebis sont à ses côtés.
 
Cette véritable oeuvre d’art, exécutée par M. Favier de Lyon, a été offerte à la Bergère, en 1854, par un prêtre natif de Pibrac, M. L’abbé Lamarque, mort à Toulouse en 1861 à l’âge de 99 ans.
 
Cette chasse, en métal massif, est d’un poids considérable ; il faut 6 hommes vigoureux pour la porter sur leurs épaules.
 
Chapelle des Cierges
 
Au dessus de la porte vitrée nous pouvons admirer une peinture murale, réalisée en 1863 par Jean Paul Laurens alors qu’il n’avait que vingt ans. Ce tableau représente sur fond doré l’apothéose de Germaine. On peut y voir la Sainte à genoux sur des nuages qui l’emportent au ciel. Au dessous de cette peinture, on remarque la bière ayant renfermé le corps de Sainte Germaine jusqu’à sa béatification en 1854. Sur un côté se trouve une statue de Saint Antoine de Padoue et de l’autre une statue de Sainte Germaine.
 
Sur un des murs, un tableau représente le passage du Courbet. Cette oeuvre anonyme est attribuée à Henri‑Edmond Delacroix (dit Cross), à qui nous devons les fresques qui ornent les murs de l’église de Saint Elix le Chateau (31), première église dans le monde consacrée à Sainte Germaine.
 
Avant de sortir, remarquons les ex-voto en marbre qui tapissent le mur du fond ; comme ceux qui sont au fond de l’église, ils sont le souvenir de tous les remerciements à Sainte Germaine qui au milieu du XXème siècle garnissaient encore la totalité des murs.
 
Nous pouvons aussi admirer une statue en marbre représentant la Sainte à genoux ; ce marbre tout d’une pièce, création du sculpteur T.O. Sosnowslci, fut réalisé à Rome en 1854 ; son originalité réside dans la rigidité de la tête et la carrure des épaules représentant une robustesse que Germaine ne posséda jamais.
 
Esplanade
 
Tout prés de la porte d’entrée de l’église a été inhumé Guillaume Depoix, mort curé de Pibrac en 1815. Le P. Montagne a été inhumé dans la chapelle des cierges, en 1878. Le P. Bezombes, qui a lancé la souscription pour la basilique, a été inhumé à St Paul des Brugues (81) en 1903.
 
 
La statue qui se trouve sur l’esplanade : offerte par la paroisse de Blagnac, cette statue se trouvait autrefois au chevet de l’église. Elle fut déplacée en 1919 pour faire place au monument aux morts.
 
(dernière mise à jour 12 juillet 2010)