Édito

En route vers Pâques

Voici que revient, comme tous les ans, le temps liturgique du Carême : 40 jours de montée, de renouveau, d’entraînement au combat spirituel contre l’esprit du mal ; 40 jours pour s’unir à la passion du Christ (chemin de croix) ; 40 jours pour se réconcilier, pour se convertir, pour obtenir le pardon des péchés… Bref, 40 jours pour se préparer à la fête de Pâques. La finalité du Carême est bel et bien la joie pascale : le Carême sans Pâques ne vaut pas grand-chose. Ensemble, montons vers Pâques et soyons rassurés que le Christ Lui-même nous y accompagne. Cheminons sereinement avec Lui. Celui qui monte en comptant sur ses propres capacités risque de s’essouffler. Voilà pourquoi la paroisse, dès l’entrée en Carême, vous invite à vous ressourcer auprès du Christ, en vous invitant à un temps d’adoration. Pendant la contemplation de l’immensité de l’amour infini de Dieu, ouvrez votre cœur pour accueillir les grâces, demandez à Jésus, par la prière, de vous donner la claire vision de ce que vous devez faire tout au long du Carême, et surtout la force de l’accomplir. 

Que devons-nous donc faire (Lc 3,10) ? Si saint Jean Baptiste a exhorté ses contemporains à partager, à éviter la violence et à n’accuser personne à tort, l’Église, tout en renvoyant chacun à sa conscience, invite le disciple du Christ à intensifier les moyens qu’elle offre : la prière, l’aumône et le jeûne. À la base de tout, il y a la Parole de Dieu qu’il convient d’écouter, de méditer et de pratiquer. Rappelons-le, l’objectif principal du Carême c’est se rapprocher de Dieu et des autres, en vue de la joie pascale. Le disciple se rapproche de Dieu par la prière.

La prière : elle est faite à Dieu. Faisons le tri de nos vies, revoyons la place que nous accordons à Dieu, et celle que nous accordons à certaines choses, à certains désirs… Favorisons la prière et la communion fraternelle. Le prophète Joël que nous écouterons à la messe de Mercredi des Cendres est sans ambigüité : « Revenez à moi de tout votre cœur…Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements  » (Jl 2,12-13). Bien que coïncidant avec la Saint Valentin, ne sacrifions pas l’intériorité du mercredi des Cendres : il marque le début de la montée.

Le Jeûne : il est fait à soi-même. Cette pénitence volontaire est un moment d’affliction pour s’unir à Dieu. Ainsi, il prépare la rencontre avec Lui. En d’autres termes, le disciple du Christ jeûne pour avoir d’abord faim et soif de Dieu, et de sa Parole. Ensuite, le jeûne est un geste de communion et de solidarité avec les pauvres. Il ne faudrait pas simplement se dire je m’efforcerai de ne pas manger telle ou telle chose, il convient avant tout de regarder autour de soi, pour voir la misère du pauvre, la toucher et la soulager.

Le partage : il est fait au prochain. Le pape François souhaite que cette année, le Carême soit un Carême pour tous et de charité. Il relaie ainsi Saint Jean Baptiste qui, en son temps, invitait ses contemporains au partage. Nous aussi, nous sommes appelés, comme souligne le pape François « à faire de l’amour, de la compassion, de la solidarité un vrai programme de vie  » et de Carême. Nous pouvons soutenir une contribution de l’Ensemble paroissial de Villefranche qui soutient une œuvre de développement en Afrique.

Il n’y a pas de véritable Carême sans conversion sincère, sans réconciliation avec Dieu et avec son prochain. Nos relations renouvelées et franches nous aideront à monter joyeusement ensemble, main dans la main, à la joie de Pâques. 

Bon Carême à tous !
 
 Père Cyrille MANTER+