Eglise Saint-Germier - Fourquevaux

 

 

Situé en Midi-Pyrénées - département de la Haute Garonne -à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Toulouse en direction de Revel, la commune de Fourquevaux fait partie du Lauragais.
 

Le village se trouve sur un petit promontoire en pointe, dans la vallée fourchue(origine du nom de Fourquevaux), formée par le Jauget se jetant dans la Marcaissonne.

 

PRESENTATION GENERALE


Au sud-est du village, contre la route D2, le cimetière saint Pierre était autrefois bordé par une église. Cette dernière n’existe plus depuis la période des guerres de religion : des huguenots l’ont détruite en 1570.

L’église qui faisait autrefois partie intégrante du château est aujourd’hui l’église paroissiale. Le titulaire est saint Germier, ancien évêque de Toulouse.
Dans le passé, elle faisait partie intégrante du château dont une partie n’existe plus. Ceci explique que le cimetière saint Germier se trouve ailleurs : il est plus au nord, à proximité du moulin.

Le patron de la paroisse, comme saint Luc, est celui des médecins (il serre la tête du serpent dans sa main) ; il s’agit de saint Pantaléon. On lui confie la bénédiction des linges des malades, en particulier pour les jeunes enfants.

C’est depuis 1905, l’année de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que l’entrée se fait du côté du village. Alors que la plupart des églises sont orientées - c’est à dire ayant le chœur plus-ou-moins dirigé vers l’est, vers le Levant – ce n’est plus le cas ici : l’église Saint Germier est totalement désorientée.
 

 

DE L’ARCHITECTURE AU DECOR


L’ensemble du bâtiment est bâti en briques. Le clocher dominant la façade, date de 1892 ; l’élévation de l’église est terminée en 1905.

Cependant quatre chapelles gothiques, les plus proches du chœur actuel, ont été conservées. Une autre, celle du château donnait sur l’ancien chœur et était plus profonde que les autres. Ceci explique que les deux chapelles actuelles, à droite en entrant dans la nef, sont légèrement plus profondes que les autres.

Le chœur occupe l’espace de deux anciennes travées du côté desquelles se trouvait l’entrée, reprise en tant que sacristie.
L’abside dans laquelle se trouve l’autel majeur est voûtée d’arêtes, comme l’entrée de l’église, et ouverte vers la lumière du jour par une fenêtre zénithale rectangulaire. Les travées sont maintenues par des arcs en plein cintre et des ogives, comme dans le chœur et les chapelles ; l’ensemble est ainsi en grande partie néo-médiéval.
Cependant les quatre chapelles les plus proches du chœur, sont bien gothiques. Ce sont les plus ramassées et elles rappellent l’ancienne église. Les ogives de trois d’entre elles se terminent par des culots en pierre, gravés de simples visages.

Les autels de ces quatre chapelles ont été décorés au XVIIIe s. : statues reliquaires (sauf pour la chapelle de la Vierge), et bois peints imitant le marbre et l’or. Saint Pierre (clefs du Paradis) est dans un ensemble à colonnes corinthiennes ; pour les trois autres ce sont des pilastres et de style ionique. Sainte Philomène dont l’ancre a été perdue, figurée par ailleurs sur une autre statue du XIXe s. plus récente, apporte l’espérance.

Il y a deux épitaphes du XVIIIe s. en marbre noir dans la nef. La plupart des vitraux sont modernes

 

LES ŒUVRES DE JEAN-PAUL LAURENS


Jean-Paul Laurens (1838-1921), né dans une des maisons situées en face de l’église, a bien plus vécu à Paris. Mais il a toujours été attaché à sa région. Contrairement à son habitude, il ne travaille pas ici pour l’Etat comme c’est le cas par exemple à la mairie de Toulouse au Capitole, où il a représenté entre autres la richesse du Lauragais, ce ne sont pas non plus de ses peintures historiques.

Ces peintures dont il a fait don, le caractérisent elles aussi car elles forcent toujours autant l’émotion. Les peinture et fresque religieuses ainsi que le gisant de sa femme sont assez exceptionnels.

- Tableau de l’ « Ecce Homo » (août 1891) : (Jean 19,4 – 6)
Jésus apparaît au centre, presque blanc, sans aucune blessure après la flagellation, et déjà avec un nimbe. A l’arrière, le militaire romain lui ôte le vêtement pourpre et le prêtre païen le menace du regard. A l’avant, Ponce Pilate vêtu de sa toge, le désigne en restant hésitant. Le décor corinthien impose la pierre, mais le peintre laisse apparaître la grande base du temple en brique, évocation de l’architecture lauragaise.

- Toile représentant Madame Laurens au pied de la Croix. Au-dessus une fresque évoque l’Ancien Testament.

- Gisant représentant Madeleine Willemsens-Laurens (avril 1914) : La mort est très présente dans l’œuvre de Jean-Paul Laurens. Pour le gisant dédié à sa femme, il a tenu à utiliser le métal bien que ce ne soit pas sa spécialité. En effet, « je voulais l’image de bronze », pour mieux la rendre en volume. La sculpture est bien personnalisée (visage et mains, habits, inscription en français néo-médiéval sur le marbre).

L’Ecce Homo est peint par Jean-Paul Laurens. Ses fils, Jean-Pierre et Paul Albert, ont respectivement peint saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Au-dessus du corps monumental de colonnes dorées sur fond marbré, sont figurés les quatre évangélistes.

 

 

plan

o La chaire
• Le bénitier
Les Fonts Baptismaux

#1 Vierge à l’Enfant
(bois doré, fin XVIIIe s.)
#2 Sainte Marguerite
(pierre, XVI e s.)
#3 La Pietà
#4 et #12 Deux épitaphes
(marbre noir, XVIIIe s.)
#5 Autel dédié à saint Pantaléon
(XVIIIe s.)
#6 Saint Germier
(plâtre, XXe s.)
#7
Autel dédié à saint Pierre
(XVIIIe s.)
#8 et #9 Saint Paul et saint Pierre (bois, XXe s.)
#10
Autel dédié à sainte Philomène (XVIIIe s.)
#11 Autel de la Vierge
(XVIIIe s.)
#13 Saint François d’Assise
(vitrail, XXe s.)
#14
Fragment de croix de carrefour (pierre, XIVe s.) : la Vierge à l’Enfant / la Crucifixion.
#15 et #16 Saint Paul et saint Pierre (plâtre, XXe s.).

 

 

Eglises en Lauragais