Institué lecteur et acolyte, en route vers la prêtrise

Josselin est séminariste à Toulouse. Avec quatre autres séminaristes, il a été institué lecteur ce 29 juin, jour de la saint Pierre et Paul. Trois jours plus tard, il était institué acolyte. Il nous explique ces différentes étapes qui jalonnent la formation à la prêtrise.

- Pour devenir prêtre diocésain, il y a deux étapes importantes, l’admission et les institutions. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Il y a en effet deux moments qui constituent des étapes officielles dans le cheminement d’un séminariste vers l’ordination. Ces deux étapes sont des rites liturgiques célébrés par l’évêque. L’admission parmi les candidats au ministère de prêtre correspond à l’inscription officielle parmi cette liste de candidats. C’est en quelque sorte la reconnaissance de la vocation du séminariste par l’Église. Le séminariste fait part de son désir d’avancer, et l’évêque l’accueille et l’envoie poursuivre sa formation.
L’institution au ministères est double : il y a le lectorat et l’acolytat, que nous avons l’habitude de célébrer à deux moments différents à Toulouse ; le lectorat au séminaire et l’acolytat dans la paroisse d’insertion. Lors de l’institution au lectorat, l’évêque remet la Bible au séminariste en lui demandant d’aimer la Parole de Dieu, la connaître et la proclamer. Il reçoit la mission de lire la Parole de Dieu.

- Et l’acolytat ?
Lors de l’institution à l’acolytat, le séminariste reçoit les vases sacrés avec le pain et le vin, et reçoit la mission d’assister le prêtre en préparant l’autel. À Toulouse l’admission se fait en début de première année de second cycle, et les institutions en fin de deuxième année. Pour moi, c’était le 2 juillet, dans ma paroisse d’insertion à Beauzelle, paroisse que je quitte à la rentrée après deux très belles années.

- Vous êtes séminariste depuis maintenant plusieurs années, vous voilà tout juste institué lecteur et acolyte. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Oui, cela fait quatre ans que je suis au séminaire, après une année de propédeutique. Le fait d’être institué signifie que mon discernement a mûri, que j’ai demandé à poursuivre ce chemin vers le sacerdoce, et que ceux qui ont la charge de nous aider dans le discernement estiment que je peux continuer. Ça marque donc une étape ferme dans mon cheminement ! Mais cette institution est également une invitation à creuser davantage mon lien à la Parole de Dieu dans la méditation, et à me mettre au service de ceux qui ont besoin de la Parole de Dieu, comme de ceux qui la proclament.

- Ensuite, si tout se passe bien, vous serez donc ordonné diacre. Vous quitterez alors l’état laïc, c’est bien cela ?
Tout à fait ! Nous quittons l’état laïc lors de l’ordination diaconale, pour devenir clerc. Si Dieu le veut, et donc si l’Église et moi-même discernons toujours cet appel, ce sera probablement dans un an.

- Et vous serez en même temps « incardiné », pouvez-vous nous expliquer ce terme ?
L’incardination signifie notre attachement à un lieu, à un diocèse. Je m’aperçois qu’il est de plus en plus difficile de comprendre cet attachement à un lieu dans notre monde où la mobilité est quasiment une norme. La Bible nous montre combien l’attachement à une terre est important, et l’exil une souffrance... Jérusalem a une place centrale pour Israël ! Un prêtre doit être attaché à un lieu dont il connaît l’histoire, la population, un lieu qu’il apprend à aimer profondément. Il y a une question d’enracinement avec la foi ; et en étant enraciné dans un lieu, le prêtre peut aider ses paroissiens à s’enraciner dans la foi. Cela rend plus disponible pour la mission !
C’est cela l’incardination, le lien durable à un diocèse ; elle a lieu lors de l’ordination diaconale.

- Combien pensez-vous que nous aurons de nouveaux prêtres dans le diocèse de Toulouse, dans les cinq années à venir ?
Si je compte bien, nous sommes 9 séminaristes pour le diocèse, sur 5 ans. On peut donc espérer jusqu’à 9 nouveaux prêtres en 5 ans. Mais je ne peux pas dire si tout le monde continuera, si certains ne prendront pas un peu plus de temps... Prions pour les vocations, prions pour que tous ceux qui sont appelés suivent les appels de l’Esprit Saint et trouvent la force d’y répondre. Et rendons grâce pour les prêtres que le Seigneur donne !

 

Visiter le site du séminaire de Toulouse
Actualité publiée le 4 juillet 2016

 

 

Ce mercredi 29 juin en la fête des apôtres Pierre et Paul, dans la chapelle du séminaire Saint-Cyprien à Toulouse, Mgr Le Gall a présidé la célébration pour l’institution aux ministères.
Dans son homélie, il a rappelé les trois recommandations qu’il avait adressées le 26 juin aux nouveaux ordonnés :

- recevoir l’amour de Dieu tous les jours, avec humilité et ferveur, à travers la fréquentation de la Parole de Dieu, l’eucharistie, la prière et l’oraison
- le célibat, comme candidat au sacerdoce. La chasteté est une délicatesse d’amour qui permet d’appartenir au Seigneur
- le zèle pour l’unité de l’Église, dans nos communautés ; nous avons une grande diversité de prêtres mais ces différences doivent s’exprimer au sein d’une unité, toujours dans l’obéissance.

Mgr Le Gall a conclu : "La charité préside à l’unité. Voilà la visée, la vision pour que vous soyez de fidèles ordonnants. Soyez des serviteurs de l’unité".