Édito Mars 2018

La paix soit avec vous !


Jésus, avant sa passion, avait promis le don de la paix à ses Apôtres leur disant : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn14,27). Après sa résurrection, Il accomplit sa promesse, leur disant : « Paix à vous ! » (Jn20,19-20). Cette paix est un des fruits de l’œuvre du Salut que Jésus a accomplie par sa mort et sa résurrection et qu’Il ne cesse pas de communiquer à son Église.

Dernièrement j’ai été interrogé sur le fait qu’il y ait rarement le geste de paix à la messe avant la communion sur notre ensemble paroissial. Je profite de ce fruit pascal pour donner quelques éléments qui permettront de donner à ce geste toute la beauté et la sobriété qu’il requiert pour lui garder tout ce qu’il exprime. À cette fin, je m’appuie sur « la signification rituelle du don de la paix pendant la messe », lettre circulaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements du 8 juin 2014 qui nous donne quelques directives et sur les indications qu’en donne notre Archevêque dans son livre « La messe au fil de ses rites » ou celles qu’il rappelle dans les divers lieux du diocèse, comme il l’a fait à Baziège à la messe des confirmations le 10 mars dernier.

Commençons par ce rappel de notre Archevêque fait juste avant le Notre Père, je le cite :

« Comme je ne cesse pas de le dire dans les différents lieux du diocèse, le Notre Père n’est pas le moment où on se donne la main. Se donner la main est geste liturgique de paix. Celui-ci se situe plus tard dans la liturgie, comme nous le ferons dans quelques instants, juste avant l’Agneau de Dieu. » 

On a écrit attendre « un communiqué de l’archevêque » pour ne plus donner la main au Notre Père !... voilà que « on » est servi !!!

La Congrégation sus nommée enseigne que « par ce signe, qui a pour but de manifester la paix, la communion et la charité, (…) les fidèles expriment leur communion dans l’Église ainsi que leur amour mutuel avant de communier au Sacrement, c’est-à-dire au Corps du Christ Seigneur » (par.2).
Par cette même lettre, elle demande « qu’on veille à proscrire définitivement certains abus comme :
- l’accompagnement de ce geste par « un chant pour la paix » qui n’est pas prévu dans le Missel Romain,
- pour les fidèles, le fait de se déplacer pour échanger entre eux le signe de la paix,
- pour le prêtre, le fait de quitter l’autel pour donner la paix à quelques fidèles
- le fait que le geste de paix soit l’occasion d’exprimer des congratulations, des vœux de bonheur ou des condoléances aux personnes présentes suivant les circonstances… » (par.6, al. c).

Cela rejoint bien ce que propose, comme mode d’offrande du geste de paix, notre Evêque dans son livre précité :

« Le baiser de paix est un geste sacré, qui ne se réduit pas à une poignée de mains banalisée ni forcée… Il ne s’agit pas d’un bonjour de plus ou d’une poignée de mains supplémentaire ; il serait bon de trouver un geste spécifique, comme celui d’ouvrir les deux mains, pour qui reçoit la paix, et celui de les poser sur ces dernières, pour qui la donne. » (p. 200).

La paix que le Seigneur nous donne par son Église, et que nous pourrons donner à notre voisin immédiat placé à notre droite ou notre gauche (pas celui de devant ou de derrière, on reste tournés vers l’autel !) ne doit pas - par ce mode que suggère notre Evêque et que je vous propose d’adopter simplement -, être source de critiques murmurées. Ce serait contraire à ce que doit vivre le catholique qui, avant de s’approcher de la communion, a répondu à l’invitation d’offrir la paix du Christ à son frère.

Joyeux temps pascal dans la paix du Christ Ressuscité ! 
 

Abbé Régis l’Huillier+, curé.    

 

Rome précise le sens du geste de paix de la messe