Le Jeudi Saint


L’idée essentielle

Le soir du Jeudi saint, Jésus a d’abord accompli le repas rituel des juifs, avec la manducation de l’agneau pascal. Puis, à la fin de ce repas, en consacrant le pain et le vin : « Ceci est mon Corps - Ceci est mon sang », Il s’est offert Lui-même en sacrifice, comme le véritable et unique Agneau de Dieu : c’est ce que nous fêtons ce soir.

L’Église célèbre aujourd’hui une double fête :

- l’institution de l’Eucharistie,
- et celle du Sacerdoce.

La liturgie retrouve alors un caractère grandiose : ornements blancs, fleurs et musique, on chante le Gloria, mais pas l’Alléluia.

Allons plus loin

La messe chrismale, l’institution de l’Eucharistie et le Sacerdoce
Elle réunit tous les prêtres du diocèse autour de leur évêque pour une concélébration solennelle. Au cours de cette messe ont lieu le renouvellement des promesses sacerdotales, puis la bénédiction des Saintes Huiles : 

- l’huile des malades, pour le sacrement des malades,
- l’huile des catéchumènes, pour la préparation au baptême,
- le Saint Chrême pour le baptême, la confirmation et l’ordination.

La messe du soir célèbre l’institution de l’Eucharistie.

Quelle grande et belle fête ! Comme il est bon de nous réjouir de tout notre cœur et de remercier le Seigneur pour ce don infini de l’Amour divin. C’est pourquoi, pendant le chant du Gloria, les cloches et les clochettes des servants d’autel sonnent à toute volée, avant de se taire jusqu’à la nuit pascale. Car déjà l’antienne d’ouverture annonce le drame qui se prépare :

« Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. » (Galates 6, 14).

La particularité liturgique de cette célébration est le lavement des pieds.
C’est l’application de l’évangile du jour (Jean 13, 1-15). Pendant ce temps, on chante « Où son amour et charité, Dieu est présent » - Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
Le célébrant consacre à cette messe des hosties en quantité suffisante pour cette messe et pour l’office du lendemain, le Vendredi saint : ce jour-là, Jésus étant mort, il n’y a pas de consécration.

Le reposoir

À la fin de la messe, on part en procession à l’autel du reposoir (préparé à l’avance avec une décoration aussi belle que possible de fleurs et de bougies) pour y déposer le Saint-Sacrement jusqu’à la communion du lendemain.
Pendant cette procession, on peut chanter l’hymne « Chante, ô ma langue… » (Pange lingua) qui se termine, pour l’arrivée au reposoir, par le Tantum ergo (dernières strophes du Pange lingua, textes à la fête du Saint-Sacrement).

Dépouillement de l’autel

Après la célébration, on dépouille l’autel qui reste nu, sans nappes, sans chandelier, ni crucifix : symbole du dépouillement de Notre Seigneur. Le tabernacle est vide. On enlève les croix de l’église et il convient de voiler celles qu’on ne peut pas retirer.

Adoration du Saint-Sacrement au reposoir

Nous aurons à cœur d’aller passer quelques moments d’adoration devant le Saint-Sacrement exposé au reposoir. Et d’y emmener nos enfants (suivant l’âge), au moins quelques instants. C’est le moment d’accompagner de cœur Jésus au jardin des Oliviers pendant son agonie.

 


Messe chrismale  : C’est la messe célébrée le matin du Jeudi saint (ou un autre jour, avant le Vendredi saint) par l’évêque entouré de ses prêtres, au cours de laquelle a lieu la bénédiction des saintes huiles : le Saint Chrême, l’huile des malades et l’huile des catéchumènes. Cette messe n’a lieu qu’une fois dans l’année.