Les points forts du Carême

Au départ :

Après son baptême dans le Jourdain et avant d’inaugurer sa prédication et sa mission de Rédempteur, Jésus fut poussé par l’esprit dans le désert (Marc 1, 12), pendant quarante jours, pour y être tenté par Satan (Évangile du 1er dimanche de carême, Année A (Matthieu 4, 1-11) ; Année B (Marc 1, 12-15) ; Année C (Luc 4, 1-13).
Ces 40 jours de Jésus au désert, l’Église nous invite à nous y unir par la prière et la pénitence, en vue de nous préparer à la fête de Pâques, sommet de l’année liturgique, et nous rendre capables de vivre en plénitude le mystère pascal.

Allons plus loin :

Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu...
En ce temps de Carême, la liturgie nous invite à regarder Jésus au désert : Il prie, Il jeûne, Il subit les assauts du démon. Cela nous amène à réfléchir sur nous-mêmes : c’est pour nous que Jésus prie et fait pénitence, et qu’Il laisse le démon l’approcher…

Six thèmes sont à approfondir :

1. Un temps de prière et de pénitence, un temps de purification
2. Le Carême est une montée vers la fête de Pâques
3. Le Carême nous prépare à suivre Jésus dans le mystère de sa Passion
4. Prendre conscience du péché dans notre vie
5. Une lutte nécessaire : le Carême est le temps du combat spirituel
6. Le Carême : un temps privilégié pour la réconciliation
 

1. Un temps de prière et de pénitence, un temps de purification

À l’exemple de Jésus en prière au désert et luttant contre Satan, le Carême doit être pour nous un temps de prière et de pénitence.

  • Un temps de prière

Le Carême doit marquer un temps d’arrêt dans notre rythme habituel, pour retrouver le temps de prier et de réfléchir : nous retrouverons alors le vrai sens de notre vie, sachant distinguer l’essentiel (notre relation à Dieu) de ce qui n’a qu’une importance secondaire.
Pour cela, il faut prendre du temps. Rien de grand ne se fait sans prendre le temps nécessaire… Ce n’est pas toujours possible de se retirer du monde matériel, mais on peut vivre « en esprit » ce temps comme une retraite.

  • Un temps de pénitence, de purification

Qui que nous soyons, nous avons tous, sur quelque point, à revenir vers Dieu, à Lui soumettre toute notre vie, ce qui nécessite une conversion : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. » (Joël 2, 13).
Nous avons en effet à reprendre conscience de deux choses : la grandeur de Dieu et sa bonté et, en conséquence, la gravité du péché. Ce temps de purification est nécessaire pour pouvoir goûter ensuite la joie de la Résurrection et bénéficier du mystère de notre Rédemption par lequel Jésus nous rend participants de sa Divinité.

2. Le Carême est une montée vers la fête de Pâques 

À l’image de la vie terrestre, qui est une préparation à la vie de l’éternité, la signification essentielle du Carême est de nous préparer à la grande fête de Pâques, en nous faisant entrer, à la suite de Jésus, notre Sauveur, dans le « mystère pascal » : mourir au péché et revivre à la vie d’enfant de Dieu.

3. Le Carême nous prépare à suivre Jésus dans le mystère de sa Passion

Avant d’arriver à la Résurrection, le temps du Carême comprend deux parties bien distinctes :

- le temps de la purification de l’âme (qui correspond au séjour de Jésus dans le désert) ;
- le temps de la Passion de Jésus notre Sauveur : l’acte de notre Rédemption.

Au cours de ce Carême, demandons à Dieu la grâce de retrouver le sens du péché, qui nous fera comprendre pourquoi et en quoi nous avons à nous convertir, ainsi que la nécessité de la réparation.

4. Prendre conscience du péché dans notre vie

Le Carême est le « temps favorable » (Isaïe 49, 8 ; 2ème aux Corinthiens 6, 2) pour prendre conscience de notre misère, de nos faiblesses. Acte d’humilité qui permet de voir clair en soi-même : nous pourrons alors affermir notre volonté et décider de changer de vie pour la rendre plus conforme à l’Evangile : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile…. » (Saint Marc 1, 15 – imposition des Cendres).La conversion consiste à « se retourner vers le créateur, se détourner de la créature », autrement dit : remettre Dieu au centre de notre vie.

5. Une lutte nécessaire : le Carême est le temps du combat spirituel

Ce retour à Dieu ne va pas sans un combat contre le démon. Le Carême est un temps de lutte : nous avons toujours à vaincre en nous diverses résistances, nos mauvaises habitudes, notre amour-propre, notre nature blessée, faussée par le péché… Ce retour à Dieu nous obtient la joie de la réconciliation du pécheur qui se sait pardonné.

6. Le Carême : un temps privilégié pour la réconciliation

« Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu  ». (2 Corinthiens 5, 20 – 2ème lecture – mercredi des Cendres). Dans ce chemin de réconciliation, trois étapes à parcourir :

  • se réconcilier avec Dieu

C’est l’itinéraire de l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32). Prenons le temps de méditer ce bel évangile. C’est notre image à tous, et l’exemple de l’attitude à prendre devant Dieu : « Oui, je me lèverai et j’irai vers mon Père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le Ciel et contre Toi  » (Luc 15, 18). Humilité et confiance totale en l’infinie bonté et miséricorde de Dieu, être sûr de son pardon dès qu’on revient à Lui.

  • se réconcilier avec soi-même

C’est souvent difficile de s’accepter tels que nous sommes : on a du mal à « se pardonner » de ne pas être tel qu’on voudrait. C’est si facile de « s’idéaliser » ! Ce temps de Carême doit nous aider à nous voir comme Dieu nous voit, dans la vérité, et à recevoir son amour malgré nos défauts, sans nous dépiter sur nous-mêmes. Chemin de guérison intérieure : « Oui, je reconnais mon péché, ma faute est toujours devant moi » (Psaume 50, 5).

  • se réconcilier avec les autres

La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation…(Catéchisme de l’Église catholique 1435).
C’est le chemin du pardon : il y a des pardons à donner, d’autres à recevoir. Mais comme c’est difficile quelquefois ! Comme cela coûte à notre fierté, notre amour-propre ! Dieu, à travers le sacrement de la réconciliation, nous donnera la force. « Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes.  » (Marc 11, 25).
Le Carême est le temps privilégié pour une vraie confession, en profondeur : c’est là que nous recevons l’assurance d’être réconciliés avec Dieu, qu’Il nous a pardonné.