Pierre, l’homme aux clés et Paul, l’homme à l’épée

Saint-Pierre et Saint-Paul

Pierre, l’homme aux clés et Paul, l’homme à l’épée

« Rendons grâce en cette fête des apôtres Pierre et Paul.
Par leur martyre, ils ont planté l’Eglise.
Ils ont partagé la coupe du Seigneur et sont devenus ses amis.
 »

Telle est l’antienne d’ouverture de la solennité célébrée le 29 juin. Mais pourquoi saint Pierre et saint Paul sont-ils fêtés ensemble ?

Pierre et Paul sont appelés les Princes des apôtres. C’est dire leur place dans l’histoire de l’Église. Jamais la Tradition ne les a fêtés l’un sans l’autre. Pour le père L. Jaud (Vie des saints pour tous les jours de l’année, Ed. Mame), « l’Église romaine, c’est l’Église de Pierre et de Paul, l’Église des témoins directs qui ont partagé la vie du Seigneur ». Tous deux sont les piliers de l’Église catholique romaine. C’est donc bien en raison de l’importance et de la complémentarité de leur mission que ces deux piliers de l’Église sont célébrés ensemble. « En un seul jour, nous fêtons la passion des deux apôtres, mais ces deux ne font qu’un. Pierre a précédé, Paul a suivi  », s’exclamait saint Augustin.

Quel est leur parcours ?

« Pierre était galiléen, un pêcheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Paul était un juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure, pharisien et citoyen romain. Tous deux verront leur vie bouleversée par l’irruption d’un homme qui leur dit : "Suis-moi". Pierre et Paul seront réunis dans leur confession de foi jusqu’au sang à Rome, puisqu’ils y ont été martyrisés pour leur foi en Jésus. Trois ans après sa conversion (en 37), Paul a souhaité se rendre à Jérusalem pour voir Pierre. Ce sont deux géants de la foi qui se retrouvent », indique le père Alain Marchadour. Ils se reverront à plusieurs reprises, démontrant ainsi leur unité. En 51, une question épineuse est à résoudre : les païens doivent-ils se conformer aux rites juifs pour recevoir le message de Jésus, ou faut-il au contraire se dégager de ces coutumes ? Les missions de Pierre (envers les juifs) et de Paul (envers les païens) sont alors toutes deux reconnues comme légitimes. Là encore, pas de division au premier siècle de l’Église.

Pourtant, même si leurs conversions respectives ont été radicales, leur chemin n’a pas été le même. Pierre, appelé par Jésus à le suivre, a tout quitté. Mais il a renié le Christ à trois reprises au moment de sa Passion. Puis, repenti, il a adhéré de tout son être : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime  ». Paul a d’abord persécuté les chrétiens. Mais une fois converti, rien n’a pu l’arrêter. Il reconnaissait ainsi : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.  » En revanche, ni les difficultés dans leur mission d’évangélisation, ni les persécutions, ni le martyre ne leur ont été épargnés.

Comment ces deux saints peuvent-ils nous inspirer ?

Pour le dominicain Bernard Autran, en regardant saint Pierre et saint Paul, « nous comprenons mieux comment le Seigneur nous fait travailler à son service. Il met tout Son Amour à mettre en nos mains l’immense richesse de Son Règne. Quand nous transmettons ce que nous avons reçu, Il nous transfigure à Son Image. Il nous fait, en quelque sorte, devenir comme Dieu pour nos frères ! Nous n’avons pas à nous en glorifier comme si cela venait de nous-mêmes.  »

Comme le Seigneur a établi Pierre chef de l’Église : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église », chaque chrétien est appelé à devenir des pierres vivantes de l’Église. Comment ? « En témoignant de votre foi en Jésus-Christ  », indique le pape François. « Dans le monde d’aujourd’hui, il n’est pas toujours facile d’affirmer sa foi en famille, dans vos établissements scolaires, votre bureau ou votre usine. Mais cette situation peut devenir une chance : nous sommes conduits à devenir croyants en Jésus par une décision personnelle et libre. Chacun est invité à répondre à la question que Jésus a posée à ses disciples : "Pour vous, qui suis-je ? Pour toi, qui suis-je ?" Répondre à cette question, c’est « grandir dans la foi, vivre une relation personnelle avec Jésus dans la prière, Lui parler comme on s’adresse à un ami, fréquenter Sa Parole et célébrer l’Eucharistie ».

 


Actualité publiée le 28 juin 2018

 

 

La mission ouvrière saint Pierre et saint Paul

Ils sont deux dans le diocèse de Toulouse : les pères Bruno de Boissieu et Gilbert Ménégaux, envoyés en mission auprès de la paroisse de l’Annonciation, à Fonsegrives. À l’occasion de la fête de saint Pierre et saint Paul, du nom de leur société apostolique dans le monde séculier, ils invitent ceux qui le souhaitent le 1er juillet à 11h pour la messe, suivie d’un repas partagé.

Cet institut diocésain, fondé par le dominicain Jacques Lowe en 1955, a pour but de former des disciples capables d’évangéliser le monde ouvrier. Ces missionnaires font le lien entre les communautés chrétiennes, à l’image de saint Pierre et vont à la rencontre des païens, suivant l’exemple de saint Paul. Leur vie fraternelle et communautaire est importante pour se donner aux plus pauvres. Actifs au sein du service évangélique des malades, ils se veulent aussi proches des personnes isolées et âgées. Pour elles, les deux pères missionnaires organisent un temps convivial un dimanche par mois. Cette disponibilité aux plus pauvres leur apprend l’humilité. Ainsi, le père Bruno de Boissieu témoigne : « Quand on est ouvrier, on apprend à obéir ».