Rappel à Dieu du Père Daniel Busato

Le Père Daniel Busato est décédé ce dimanche 24 avril à la Maison de retraite Saint-Augustin à l’âge de 89 ans.

Le père Marcel Baurier, qui l’a bien connu, nous livre son témoignage :

"Depuis plusieurs années, j’exerce une grande partie de mon ministère en Comminges, et c’est très souvent que j’entends parler de Daniel Busato. Mais c’est davantage son frère que j’y rencontre, car depuis le mois de mai 2006, Daniel a rejoint la maison de retraite des prêtres, la maison Saint-Augustin à Toulouse. Voilà que pour des raisons de convalescence suite à un accident, j’ai rejoint moi aussi Saint-Augustin où j’ai été fraternellement accueilli et il m’a donc été donné de rencontrer de nouveau le Père Busato.

Car si ces dernières années nous ne nous sommes pas vus souvent, ce ne fut pas le cas dans le passé où nous nous retrouvions, au moins une fois par semaine, au conseil épiscopal. Daniel avait dix ans de plus que moi et j’avais grande estime, et même admiration, non seulement pour mon aîné mais pour ses qualités, ses capacités intellectuelles et sa profondeur spirituelle.

En Comminges, le nom de Busato est connu et évoque plus particulièrement Montréjeau et même Valmirande. Car c’est là que les parents Busato sont arrivés avec leur fils aîné, Daniel, né le 14 juin 1927 puis baptisé à Roncado en Italie. Après l’école primaire, Daniel fera ses études secondaires jusqu’en 1946 à l’école Notre-Dame à Montréjeau.

C’est en 1947 qu’il entre au Grand Séminaire de Toulouse. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1953. Mais à cette date-là, je ne le connaissais pas encore, n’ayant commencé le séminaire qu’en 1955. Je ne parle donc pas au nom de mes souvenirs mais de ceux de certains de ses confrères du même âge que lui. Tout jeune prêtre, il réside au Séminaire Léon XIII à l’Institut Catholique de Toulouse, tout en suivant les cours à la Faculté des lettres de Toulouse où il obtient la licence de philosophie.
Très brillant, des cours lui sont confiés à l’Institut Catholique et c’est en 1956, lors d’un de ses cours sur la philosophie et les sciences, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Il m’impressionna vraiment.
Mais ce n’était pourtant pas sa mission principale. Dès 1953, lui sont confiées les aumôneries des écoles normales, celle du scoutisme et l’aumônerie régionale des équipes enseignantes.

En 1956, il est nommé professeur à Notre-Dame de Montréjeau. J’ai sollicité le témoignage de quelques-uns de ses anciens élèves dont certains ont exercé de hautes responsabilités dans l’université, l’économie ou l’administration. L’un se rappelle des cours de français en seconde et reconnaît que c’est le Père Busato qui lui a appris à faire une dissertation ; un autre parle des cours de philo en terminale… tous se souviennent de sa personnalité et de son excellence. Il convient de redire ici l’énorme et bénéfique influence qu’il eut auprès de très nombreux jeunes.
 
En 1960, il devient directeur de la section du petit séminaire de Cabirol, et en 1966 Supérieur du Christ-Roi. Vers la fin des années 70, Daniel, tout en restant envoyé au même monde, va changer de ministère. Ainsi en 1977, il est nommé délégué diocésain à la pastorale du monde universitaire et scolaire. En 1978, il est nommé Vicaire épiscopal avec les mêmes orientations : la pastorale du monde universitaire et scolaire. Un peu plus tard, en 1979, il lui est demandé, en outre, de se charger des relations entre les universités et les séminaires régionaux ainsi que des jeunes se préparant au ministère presbytéral et plus généralement des vocations. Et, en outre encore, lui est confiée l’aumônerie du MCC sur la région.

La poésie et la philosophie sont-elles compatibles ? La question peut sembler étrange, mais c’est pourtant l’ami Daniel qui me fait la poser. Lui, philosophe sérieux, était en même temps un excellent poète. Je me souviens très bien de la belle et longue pièce en vers qu’il écrivit en 1996 pour le 9° centenaire de la consécration de l’autel de Saint-Sernin.

Après 75 ans, le Père Busato quitte le conseil épiscopal et exerce des missions plus conformes à son âge et à son état de santé. Ainsi en 1999, il devient aumônier des équipes du rosaire. Mais il reçoit aussi, à l’occasion, d’autres missions dont quelques-unes importantes : être ministre du sacrement de la confirmation, présider l’exhumation et la reconnaissance des restes du Père Trappiste Joseph-Marie Cassant, être le délégué de l’archevêque auprès de la communauté de Saint-Augustin ou, dans le passé, accompagner Monseigneur Collini à Rome pour la visite ad limina.

J’ai le mois de mars dernier, retrouvé Daniel à la Maison Saint-Augustin et j’ai été
frappé par son état de santé. Très handicapé du côté de l’audition et de la vue, il était enfermé sur lui-même et son monde intérieur. Sa mort, subite, nous a tous grandement peinés. Cependant, nous osons croire qu’elle est aussi pour lui une délivrance et lui donne de vivre la rencontre avec Celui qu’il a servi tout au long de sa vie."

Marcel Baurier
Avril 2016

 

 


Actualité publiée le 26 avril 2016