Édito

Regardons vers le Ciel

Ce mois de novembre, l’Église notre Mère nous appelle à élever notre regard vers le Ciel. Nous sommes invités à partager l’exultation céleste des saints, à en goûter la joie. Les saints ne sont pas un club restreint d’élus, mais une foule innombrable vers laquelle nous pouvons élever notre regard. Cette multitude de saints n’est pas limitée à ceux qui sont reconnus officiellement. Elle est aussi composée de tous ces baptisés qui au long de l’histoire des hommes se sont efforcés d’accomplir avec amour et fidélité la volonté divine. Si leur nom comme leur visage nous restent inconnus, nos yeux de la Foi les imaginent resplendir tels des astres dans le firmament de Dieu.

La Mère Église ne manque pas d’enfants contestataires ! Dans les saints, Elle goûte sa joie de la Vision béatifique dont ils jouissent. Ils ont été, comme les saints de notre époque le sont aujourd’hui, unis par la volonté d’incarner l’Évangile dans leur existence ordinaire sous l’impulsion de « l’Animateur » du Peuple de Dieu qu’est l’Esprit Saint.

Saint Bernard enseigne « nos saints n’ont pas besoin de nos honneurs et ils ne reçoivent rien de notre culte. Pour ma part, je dois confesser que, lorsque je pense aux saints, je sens brûler en moi de grands désirs  ». C’est en regardant l’exemple lumineux des saints que se réveillera en nous le grand désir d’être comme eux : bienheureux de vivre tout proches de Dieu. C’est notre vocation à chacun que nous répète avec force le 2ème Concile du Vatican et que l’Église nous redit en ces temps.

Pour devenir un saint, il n’est pas nécessaire d’accomplir des actions extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels. Ce qui est nécessaire et indispensable, c’est d’écouter Jésus et de suivre ce qu’Il nous dit sans se décourager face aux difficultés. « Si quelqu’un me sert,- nous avertit Jésus -, qu’il me suive, et là où Je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera  » (Jn 12,26). Celui qui met sa confiance en Dieu et L’aime d’un amour vrai, comme le grain de blé tombé en terre, accepte de mourir à lui-même. Il a compris que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd et que celui qui se donne ou se perd pour l’unique Gloire de Dieu, celui-là trouve la Vie (cf.Jn 12,24-25). La sainteté exige un effort constant ; elle est à la portée de tous. Plus que l’œuvre de l’homme, elle est avant tout œuvre de Dieu, don de Dieu trois fois Saint. Dans notre vie tout est don de l’amour de ce Dieu qui nous a aimés le premier et qui, en Jésus, a fait de nous ses enfants adoptifs. Comment ne pas répondre à l’amour de ce Père par une vie de fils reconnaissants ? Dans le Christ, Il nous a fait don de tout son Être et nous appelle à une relation personnelle et profonde avec Lui. Plus nous imitons Jésus et demeurons unis à Lui, plus nous entrons dans le mystère de la sainteté divine. Nous découvrons combien Il nous aime, ainsi sommes-nous poussés à aimer nos frères. Aimer implique toujours un acte de renoncement à soi-même, de se perdre soi-même et cela nous rend bienheureux parce que nous aimons.

Bienheureux…, bienheureux…, crie Jésus sur la montagne. Ces Béatitudes qui nous montrent la physionomie spirituelle de Jésus, nous invitent à Le suivre, Lui qui est le Bienheureux par excellence. Avec Lui, l’impossible devient possible ; un chameau peut même passer par le chas d’une aiguille (cf.Mc 10,25) ! Avec son aide, il nous est possible de devenir parfaits comme le Père céleste est parfait (Mt 5,48). Regardons vers le Ciel, admirons les saints, imitons-les et engageons-nous à répondre, comme ils l’ont fait, à l’appel divin. C’est là qu’ils nous attendent pour adorer Dieu éternellement.

 

 Abbé Régis l’Huillier+, curé.