Édito

Et si tu M’invitais !

Dans son Mystère de l’Incarnation Dieu, le Fils se fait homme et se fait pauvre. Il incarne la pauvreté humaine, Il l’épouse sous tous ses modes allant jusqu’à se faire péché Lui-même (2Co 5,21). Ce mystère d’amour est révélé par la pauvreté du Mystère de sa Nativité. Dans l’indifférence d’un monde accaparé par ses occupations, dans le silence de la nuit, naît le Fils de Dieu fait homme dans une pauvre étable qu’habite un pauvre bœuf (Is.1,3).

Le Fils Jésus s’invite sur la terre, s’invite dans nos vies si indifférentes à son Amour, s’invite dans le silence de notre cœur où gisent nos pauvretés. Que ce soit la terre, que ce soient nos vies qui respirent à pleins poumons nos égoïsmes, que ce soient nos pauvretés, de tous ces lieux, Jésus les fait siens pour les convertir. De notre terre, Il propose d’en faire un peu de Ciel, c’est le Royaume qu’Il nous annonce en nous prévenant qu’Il nous est proche. Nos vies individualistes, Il veut qu’elles soient altruistes et respirent un souffle de générosité. Notre cœur, Il nous propose d’en faire la chambre haute de notre être chrétien où se rencontrent l’accueil et la proximité pendant que la concorde et la fraternité s’embrassent.

S’Il s’invite, Il ne nous force pas pour autant. Il se propose à chacun au seul motif que tous, qui que nous soyons et quoi que nous vivions, nous avons du prix à ses yeux et qu’Il nous aime (cf. Is 43,4) ! Tous, qui que nous soyons et quoi que nous vivions, nous sommes son œuvre. Tous, qui que nous soyons, Il nous a choisis pour être ses disciples chargés d’être sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5,13.14).

Sel pour donner du goût à la vie du frère qui souffre d’une vie fade, lumière qui éclaire la vie de ténèbres du frère. Nos pauvretés n’effraient pas le Seigneur dans la mission qu’Il veut nous confier. Il sait mieux que nous que nous sommes poussières et pourtant Il nous appelle à L’accueillir afin de nous remplir de son Amour pour ne plus être comme des cuivres qui résonnent au seul motif qu’il nous manque l’Amour (cf.1Co 13,1).

Désirer un monde juste et fraternel, ce n’est pas mal ! Travailler à ce monde juste et fraternel dans la docilité et l’humilité, c’est juste, c’est bien et c’est beau ! C’est, tout simplement répondre en vérité à l’accueil du Seigneur dans notre vie.

En ce début d’année, puisse chacun interroger son cœur et demander au Seigneur de l’éclairer pour savoir comment il a accueilli, reçu et reconnu dans le frère endeuillé, accablé, humilié, abandonné, absent de notre communauté celui qui peut embellir et faire croître notre foi, celui qui peut la rendre visible aux yeux du monde. Comment avons-nous répondu à cette interrogation de Dieu « Où est ton frère ? Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Cf. Gn 3,9-10), nous rappelant ce que Jésus nous enseigne : «  Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait… Dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à Moi non plus vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25,40.45).

La diaconie, c’est le service du frère comme le Christ a servi. C’est reconnaître que « personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à donner » (message final de Diaconia 2013). La diaconie, c’est construire avec le frère oublié une vie fraternelle de proximité. La diaconie vécue avec le Christ, c’est inviter le Seigneur dans notre vie à travers le frère. La diaconie vécue selon l’Évangile, c’est la source et le sommet d’une Bonne et Heureuse Année. Souhaitons-nous alors une Bonne et Heureuse Diaconie ! Ce sera une bonne et heureuse Année surtout pour le frère qui la désire parce qu’il y a droit !

Bonne et Heureuse Année 2018 à tous !

 
 Abbé Régis l’Huillier +