Le 12 mai la journée diocésaine des communicants a réuni une quarantaine de personnes travaillant à différents aspects de la communication dans notre diocèse. Un moment d’approfondissement et d’échange, où le silence et la parole ont été décrits comme les clés essentielles d’une communication qui transmet la vie évangélique, dans un dialogue qui conduit au plus profond de soi-même.
"L’Eglise se fait conversation" est le thème proposé cette année à la rencontre des "communicants" de notre diocèse, le 12 mai dernier.
Titre étonnant, pris de l’encyclique Ecclesiam suam, publiée en 1964, au milieu du Concile Vatican II, par le pape Paul VI : « l’Église doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Église se fait parole ; l’Église se fait message ; l’Église se fait conversation ».
Certainement Paul VI a vu loin quand il écrivait cette phrase : il ne pouvait pas imaginer le développement actuel des moyens de communication, la multiplication des réseaux sociaux et les médias mobiles envahissant la planète.
De la "transmission" aux "savoirs partagés"
| "Aujourd’hui on vit une manière de se construire faite d’expérimentations successives, et beaucoup moins dans une logique d’appartenance".
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| Vidéo de l’intervention
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Sœur Nathalie Becquart, directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes, s’appuie sur son expérience dans l’animation des jeunes pour décrire la révolution culturelle que les nouveaux médias provoquent dans notre société et dans l’Eglise.
C’est avec les nouvelles technologies, sur le "web 2.0", que la conversation se fait aujourd’hui : "Les réseaux sociaux sont comme un symbole de notre société post-moderne numérique : ce n’est jamais la technique toute seule qui fait la culture mais la technologie qui entre en résonance avec des valeurs culturels qui traversent la société".
Mais quelles valeurs émergent de cette culture ? Soeur Nathalie trace le tableau d’une culture ludique et personnalisée, où les projets et les événements priment sur les structures, où les sensations, le symbolique et l’intuitif priment sur le conceptuel.
"Les jeunes baignent dans un flux médiatique comme un poisson baigne dans la mer. C’est une manière de se construire faite d’expérimentations successives, et beaucoup moins dans une logique d’appartenance.
Le grand défi de l’Eglise aujourd’hui est de savoir faire du communautaire avec des individus : s’adresser au plus grand nombre, avec une communication qui passe d’individu à individu".
"Nous sommes passés d’une société de la transmission à une société
de la communication : on est aujourd’hui dans une société des savoirs
partagés". C’est dans le dialogue, sur ces nouveaux lieux de "conversation", que l’évangélisation peut se concrétiser aujourd’hui.
Un silence qui crie
| Le Fr Alain Richard, franciscain, est parmi les fondateurs des "cercles du silence"
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Fr Alain Richard, franciscain à Toulouse, est parmi les fondateurs des cercles de Silence : une heure de protestation silencieuse pour attirer l’attention sur les conditions de traitement des sans-papiers dans les centres de rétention administrative en France.
Agé de 86 ans, sa vivacité et son charisme parlent plus que les mots pour témoigner comment ces heures de protestation silencieuse crient et communiquent sans cesse, et appellent à l’action.
Démarrée à Toulouse en octobre 2007, l’initiative des cercles du silence a fait tâche d’huile et est devenue un véritable mouvement de protestation et de sensibilisation en France.
Silence et Parole : chemin d’évangélisation
"Silence et Parole : chemin d’évangélisation" est le thème proposé par le pape Benoit XVI pour la 46ème journée des communications sociales, célébrée le 20 mai.
Dans son message pour cette occasion, le pape met en évidence comment ces deux aspects, le silence et la parole, "doivent s’équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique".
Le pape constate comment la communication actuelle se compose de questions et réponses, que les moteurs de recherche et les réseaux sociaux diffusent et multiplient.
"L’attention d’un grand nombre se concentre sur les questions ultimes de
l’existence humaine : Qui suis-je ? Que puis-je savoir ? Que dois-je
faire ? Que puis-je espérer ? Il est important d’accueillir les
personnes qui formulent ces interrogations, en ouvrant la possibilité
d’un dialogue profond" nous dit Benoit XVI, et c’est le silence qui peut permettre "à qui s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et
de s’ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le coeur de
l’homme".
Fabio Bertagnin
Pour approfondir