Tête-à-tête avec Jésus

« La prière est la clef qui ouvre le cœur miséricordieux de Dieu (…),
la plus grande force de l’Église
 » pape François

 

Vivre le Carême avec Jésus, c’est entendre son appel à la conversion et vivre avec lui la montée vers la Pâque, dans une attitude de courage et de confiance.

Le jeûne, l’aumône et la prière, les trois pieds d’un tabouret qui se respecte. Ou les trois piliers du Carême. Indissociables et de même longueur sans quoi l’équilibre n’est plus assuré. Parmi ces trois pratiques, on sait bien sûr que la prière structure plus globalement toute vie spirituelle. Essentielle à la vie des chrétiens, elle témoigne de l’attachement entre l’homme et Dieu. Et à l’heure du Carême, à l’heure où l’on est invité à imiter encore davantage le Christ, elle se fait encore plus insistante.

Parler au Seigneur…

Grâce aux évangélistes, nous savons l’importance du lien personnel qu’entretenait Jésus avec le Père. De même, il nous encourage à nous adresser à Lui : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé. » (Marc 11,24). Pour nouer une relation personnelle – et essentielle ! – avec Lui, nous devons nous rapprocher de Lui, parler avec Lui, Lui demander ce dont nous avons besoin et expérimenter la bénédiction de son amitié.

Peut-être nous disons-nous que nous ne savons pas prier, que nous ne savons pas quoi dire… Or on n’a pas besoin de beaucoup de mots : un seul suffit, ou une phrase qui résonne à notre cœur. En la répétant, en s’en imprégnant et en la laissant résonner en soi comme un écho, la phrase nourrit notre prière, vient habiter notre cœur. Puis l’Esprit de Dieu nous donnera un autre mot, une autre phrase, pour échauffer notre tiédeur. « Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils seront exaucé. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez ».

Si l’on prie seulement pour se faire plaisir, pour être consolé, pour se raconter, si toujours on réclame et si on abandonne la prière quand elle devient difficile, est-ce vraiment Dieu que l’on cherche ? « Heureux l’homme qui est intime du Seigneur et qui lui parle avec lui au long du jour. Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau qui fleurit en toute saison et donne du fruit en abondance.  » (Psaume 1).
 

Et faire silence dans son cœur

Et si vous vous demandez encore comment prier, commencez d’abord par « vous débrancher », faire silence. Laissez respirer votre cœur… « Prier, ne consiste pas à parler beaucoup, mais à aimer beaucoup ! » disait sainte Thérèse de Lisieux. Quand on passe un long moment avec quelqu’un que l’on connait peu, on se croit obligé de faire la conversation. Mais quand on est avec la personne que l’on aime, on peut rester des heures sans rien dire : un sourire, un regard, un baiser, un mot… disent mieux l’amour que de grands discours.

Dans chaque prière, en plus du dialogue avec le Seigneur, il est important de créer un temps de silence. Cet espace intérieur ouvert au plus intime de notre cœur va permettre l’action de Dieu, faire que sa Parole demeure en nous, afin que notre amour pour Lui plonge ses racines dans notre esprit, dans notre cœur et devienne la motivation de notre vie.

Si chacun peut suivre son cœur, il est bon de rappeler la nécessité du silence intérieur et du recueillement pour être en présence de Dieu. Car Dieu est réellement présent ! Il est d’un grand profit spirituel de simplement se tenir en Sa présence, de lui tenir compagnie, s’identifier à Jésus, lui offrir sa souffrance personnelle pour laisser son réconfort toucher notre cœur et le remplir de paix intérieure, recevoir son inspiration divine pour nous éclairer dans les difficultés.

Prions avec confiance. Ouvrons notre cœur avec amour à la volonté de Dieu pour nous. Et écoutons les exhortations de Seigneur qui nous dit : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile  » (Marc 1,15).

Flamine Favret
Pour le journal diocésain Foi & Vie 13
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