Édito

Un carême de communion


Au soir du Jeudi Saint, Jésus pria le Père pour que tous nous soyons un, un en Eux Deux. Que le Père nous accorde de vivre en communion. Voyons là quel amour ardent brûlait le Sacré Cœur de Jésus !

Le mot communion est un terme catholique enraciné dans l’Écriture et la Tradition des chrétiens qui veut dire que nous formons un seul corps qu’est l’Église, et cela malgré nos diversités. Nous ne formons pas quelque chose d’uniforme, nous formons un corps qui est un assemblage d’éléments divers qui sont complémentaires. Ils sont articulés les uns aux autres. Le chrétien porte sa responsabilité dans la communion dans l’Église, de cette unité que réclame Jésus pour son Église au Père Éternel.

Cette vie de communion du chrétien consiste en deux choses :

Une communion avec Dieu

Communion avec Dieu le Père par Jésus-Christ dans l’Esprit Saint. C’est une communion de Foi qui comprend trois éléments :

- L’accueil du don de Dieu car la Foi est un don de Dieu. La foi ne vient pas au terme d’efforts de volonté ou d’intelligence que nous ferions dans une espèce de yoga formidable cosmique pour nous élever vers Dieu. La Foi c’est le contraire, c’est ce geste de Dieu qui est l’Amour formidable qui vient remplir le cœur de celui qui se fait petit, qui est humble devant Dieu conformément à la première béatitude : « Bienheureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5,3).
- L’adhésion de notre intelligence, de notre volonté et de notre cœur tels que nous sommes, pas tous pareils mais ensemble nous essayons d’adhérer à Dieu.
- L’engagement à la suite du Christ. Il s’agit de suivre Jésus comme les disciples suivent le Maître. C’est-à-dire mettre ses pas dans ceux de Jésus.

Ces trois éléments, ensemble, il faut les garder :

- en restant toujours attentifs à l’écoute de la Parole de Dieu toute crue,
- en restant dociles à la Tradition de l’Église qui est comme un fleuve qui venant de la Source vient irriguer le cœur des croyants pour l’aider à battre pour une communion authentique, avec Dieu comme avec chacun des autres frères,
- en écoutant les Pasteurs de l’Église que le Seigneur nous donne aujourd’hui et là où nous sommes, nous rappelant la promesse de Dieu : « Je vous donnerai des Pasteurs selon mon Cœur  » (Jer.3, 15)
- en se nourrissant des sacrements et de la prière.
 

Une communion avec l’Église

Dans la famille qu’est l’Église, il y a divers éléments : ceux qui ont la charge de gouverner ; celle d’enseigner ; d’autres, de secourir les pauvres ; de visiter les malades ; de prier pour les frères. Quelle que soit la mission reçue, si nous sommes articulés les uns aux autres, cela fonctionne pour l’unité. Dans le cas contraire, si on se disperse, si on se sépare, c’est comme l’arthrose, c’est douloureux parce qu’on déchire à nouveau la robe sans couture de Jésus ; on est comme les soldats au pied de la croix qui se moquent du sacrifice de Jésus comme de ses souffrances qu’Il a offertes pour que nous soyons un.

Ce n’est pas un péché d’être divers ! Ce qui est un péché, c’est de ne pas vouloir rester en communion avec notre Évêque au sein de notre ensemble paroissial, autour des pasteurs qui nous sont donnés par Dieu. C’est pourquoi, pendant ce carême, offrons au Seigneur notre effort de communion en nous déplaçant là où sont célébrés sur notre Ensemble paroissial, les différents offices. Ne succombons pas à la tentation de faire « Église à part » soit en restant dans l’église de notre village ou pire en allant sur un autre secteur.

Le Jeudi Saint, soir où Jésus a prié pour que nous soyons un, c’est aussi la fête des prêtres. Offrez-nous le cadeau de votre présence avec nous pour faire ensemble mémoire de la Cène du Seigneur où Il redit sa volonté de S’offrir au Père pour que nous soyons un. 

Abbé Régis l’Huillier +