Gérard : « La conversion a eu lieu dans mes lectures »

Une belle sérénité, c’est ce que dégage Gérard Hall après sa rencontre. Retraité en juin de l’éducation nationale, il sera ordonné prêtre dans la foulée après cinq années de séminaire à Toulouse.

Dans une toute autre vie, Gérard était instituteur au Mirail. Des liens qu’il a su garder du fait de sa nomination comme diacre sur le doyenné Rive-Gauche. « Plusieurs collègues m’ont déjà assuré de leur présence à l’occasion de mon ordination à la cathédrale de Saint-Étienne  », se réjouit-il, ayant passé 25 ans de son existence dans l’école publique. Ont-ils été surpris de cette vocation tardive ? « Non, paradoxalement, insiste-t-il. Ils ont trouvé que ça collait plutôt bien avec la personnalité découverte au travail  », répond Gérard, avec une modestie sans feinte.

Breton pur beurre, le jeune retraité avait pourtant peu de lien avec l’Église dans son enfance. « C’est la redécouverte de Dieu à 26 ans et plusieurs séjours à Taizé qui m’ont fait prendre conscience que j’étais catholique, raconte ce fils d’agriculteurs. Vers mes 8 ans, j’ai eu la volonté de devenir prêtre puis j’ai perdu la foi  ». Malgré des études d’économie, Gérard décide de mener une vie d’ouvrier agricole itinérant. « Une vie précaire  », selon ses propres dires. « Quand le Seigneur s’est manifesté, j’étais dans une véritable impasse matérielle et psychologique, une sorte de nuit intérieure, révèle-t-il. La conversion a eu lieu dans mes lectures, notamment dans un ouvrage de John Steinbeck, “Les Raisins de la colère”. Je me suis mis à lire ensuite la Bible…  » Proche des jeunes, Gérard s’oriente avec conviction dans l’enseignement.

L’appel est tardif pour Gérard puisqu’il doit attendre un voyage aux Philippines pour se sentir appelé à vivre comme prêtre à l’issue d’une émouvante veillée d’adoration. « Plus on s’éloigne de Dieu, plus il faut du temps pour se reconstruire », analyse-t-il aujourd’hui, interprétant cette longue période comme indispensable : « Dieu fait prendre le chemin de la plus grande fécondité ». Jeune adulte, Gérard voulait changer le monde. Au séminaire, sa pensée s’est affinée. « Tous les efforts pour améliorer la vie des plus pauvres portent des fruits dans la cité terrestre  », philosophe-t-il. « Ce travail en faveur d’une civilisation d’amour trouvera une durée éternelle dans le ciel ». La sérénité est sa marque de fabrique, on vous l’avait dit.