Une vision pastorale pour le diocèse de Toulouse


« Qu’ils soient un,
pour que le monde croie que tu m’as envoyé 
 »
(Jn 17, 21)

 

Pour répondre à la prière et à l’appel de Jésus, notre monde a besoin d’une Église de disciples-missionnaires qui annoncent la joie de l’Évangile. Dans ce but, nous voulons développer des communautés fraternelles vivant de l’amour du Christ, nourries de sa Parole et de l’Eucharistie.

Cette prière de Jésus à laquelle nous nous associons est à la source de notre foi et de notre joie. Il nous faut retenir ces mots qui se connectent, pour les mettre en pratique : unité et mission d’abord, ce qui implique union, communion, communauté, fraternité. Ainsi serons-nous vraiment disciples de Jésus, en lien vital avec lui et avec son Père « dans l’unité du Saint-Esprit » (finale de la Prière eucharistique). Soyons comme un, comme Eux ! J’invite chacun de nous à être inventif pour conjuguer tous ces verbes : unir, réunir, communier, communiquer, fraterniser, partager, tout cela dans une joie puisée en Dieu, qui ne demande qu’à se répandre.

Pour marcher ensemble, il faut un but, avec des objectifs et des étapes. En Église, nous suivons Jésus Christ : il nous entraîne vers le Père dans le dynamisme du Saint-Esprit ; nous sommes chargés d’annoncer au monde la Bonne Nouvelle du salut, pour qu’il nous rejoigne dans notre pèlerinage vers le Royaume. L’Évangile, les orientations du pape François pour notre temps, avec la « boussole » qu’est le concile Vatican II, situent et stimulent notre marche commune.

Pour notre grand et beau diocèse de Toulouse, la géographie, l’histoire, les personnes nous donnent des repères et une perspective. Nous avons toujours besoin de l’actualiser, pour que, malgré nos limites et nos fragilités, notre élan se renouvelle dans une joie qui demeure.

Depuis que j’ai reçu la charge de communautés d’Église, d’abord comme Père Abbé d’une Abbaye de moines bénédictins (18 ans), puis comme évêque de Mende (4 ans et demi) et archevêque de Toulouse (depuis 12 ans), ce service m’est tout de suite apparu comme celui de l’unité à construire et à fortifier constamment, à partir de la source de toute unité, qui est celle du Père et du Fils et du Saint-Esprit (d’où ma devise De unitate Trinitatis). Le Concile Vatican II l’enseigne dans la Constitution sur l’Église : « Les évêques sont, chacun pour sa part, le principe et le fondement de l’unité dans leurs Églises particulières » (Lumen gentium, n. 23). Unité non dans l’uniformité, mais dans la diversité, dans la complémentarité, d’où les joies de l’harmonie et les tristesses des dissonances ou des divergences.

C’est pourquoi, depuis longtemps, j’ai reçu comme principe d’action ces mots qui sont au coeur de la grande prière de Jésus à son Père avant sa Passion : « Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ! » (Jn 17, 21). Dans son discours d’adieu après la dernière Cène, Jésus a dit à ses Apôtres : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres  » (Jn 13, 35). Cet amour vrai se rend visible dans l’unité de nos communautés, sinon notre message n’est pas crédible : pour être disciples-missionnaires, il nous faut nourrir notre unité active et ouverte, et cela à tous les niveaux. Unité et mission sont liées, la mission suppose l’unité, toujours à nourrir.

Un tel principe d’action – « vision pastorale » si l’on veut – se décline dans le temps et dans l’espace par un certain nombre de chantiers qui sont les nôtres depuis une dizaine d’années et se sont amplifiés au gré des circonstances et des nécessités : unité de la pastorale des étudiants autour d’une paroisse ; unité diversifiée de la pastorale des jeunes ; attention aux familles suite aux deux synodes romains et à l’Exhortation apostolique du Pape François sur L’allégresse de l’amour ; réorganisation de la pastorale de la santé ; développement de la diaconie comme sensibilisation aux pauvres, devenant partenaires avec nous tous de l’évangélisation ; conscience accrue de notre complémentarité entre laïcs, ministres ordonnés et membres de la vie consacrée ; travail commun du PIC (Pôle de l’Initiation Chrétienne), qui fait oeuvrer ensemble, pour des objectifs précis, la catéchèse, le catéchuménat et la pastorale liturgique et sacramentelle ; croissance de la démarche catéchuménale sur tous les plans du diocèse (augmentation des baptêmes et des confirmations d’adultes) ; développement concerté des formations proposées dans le diocèse.

Tous ces engagements diocésains se sont développés dans le cadre de la mise en place d’une douzaine de nouveaux doyennés, issus de concertations entre prêtres, diacres et laïcs sur la répartition équilibrée des paroisses et ensembles paroissiaux. Depuis plusieurs années, les réflexions sur Territoire et mission nous ont occupés, pour mieux unifier nos territoires dans leur complémentarité, en vue de la mission. Plus que jamais, le territorial et le transversal doivent œuvrer et se déployer ensemble. Pour cela, comme l’a dit le Pape François, « soyons à la fois contemplatifs de la Parole de Dieu et contemplatifs du Peuple de Dieu ».

C’est pourquoi j’appelle l’ensemble de ce Peuple de Dieu qui est en Haute-Garonne, à retenir trois mots d’ordre à mettre en pratique concrètement, dans l’élan joyeux de l’Esprit Saint : unité-fraternité-mission.

Que cette prière de la messe de Vigile à la Pentecôte nous inspire tous dans le témoignage de foi et d’amour que Dieu attend de nous pour le monde

Nous t’en prions, Dieu tout-puissant :
accorde à ton Église
d’être toujours ce peuple saint
qui tient son unité de celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit ;
qu’elle soit pour le monde
le sacrement de ta sainteté et de ton unité,
et qu’elle le conduise à la plénitude de ta charité.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

+ fr. Robert Le Gall
Archevêque de Toulouse
Août 2018

 


Actualité publiée le 7 septembre 2018