Visitation de Marie : "Toute visitation est porteuse de message"

Vendredi 31 mai

Visitation de Marie : "Toute visitation est porteuse de message"

Polyptyque de L’Enfance du Christ par Arcabas, palais archiépiscopal de Malines-Bruxelles

 

La Visitation, c’est la visite de Marie à sa cousine Élisabeth peu après qu’elle a accepté de donner naissance à Jésus. Inspirée par l’Esprit Saint, Élisabeth, enceinte de Jean Baptiste alors qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant, reconnaît en Marie "la mère de son Seigneur". C’est à ce moment que Marie prononce son Magnificat. La Visitation de Marie est fêtée le 31 mai, à la fin du mois de Marie.

« Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers une région montagneuse, dans une ville de Judée  » (Luc 1,39). Nous aimerions savoir pourquoi un tel empressement, et quelles pensées inondent l’esprit de Marie, quels sentiments animent son cœur, durant ce long et périlleux voyage : venir en aide à sa vieille cousine ? partager la joie de deux futures maternités ? L’une inespérée, l’autre inattendue ! Nous resterons sur notre faim, mais saint Luc nous dévoile ce que fut cette visite : une rencontre entre deux femmes mues par l’Esprit Saint, et porteuses d’un message, une révélation pour l’une et pour l’autre, et pour nous aussi. Comme une nouvelle « Annonciation ».

À la salutation de Marie, Élisabeth, remplie de l’Esprit Saint, s’écria : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Heureuse celle qui a cru !  » Et Marie, à sa place de servante du Seigneur, avec réalisme et humilité, laisse éclater sa joie et son action de grâces : « Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ! Le Seigneur fit pour moi de grandes choses ! »… Heureuse rencontre qui nous vaut les prières de l’Ave Maria et du Magnificat !

Par la rencontre de ces deux femmes, ces deux mères, nous pouvons contempler aussi la rencontre mystérieuse de deux enfants : Celui qui est depuis toujours et qui prend chair de notre chair en Marie, sous l’action de l’Esprit Saint, lui qui sera saint et sera appelé « Fils de Dieu », et celui que porte Elisabeth, conçu à un âge avancé, défiant les lois ordinaires d’une procréation, lui qui «  sera grand devant le Seigneur  » et « rempli de l’Esprit Saint, dès le sein de sa mère  » (Luc 1,15).

Il semble qu’une osmose s’instaure entre ce deux "petits êtres" : Jean tressaille déjà à la pensée de celui qui vient et dont il dira : « Non je ne suis pas le Christ. Je suis la voix de celui qui crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur… Voici l’Agneau de Dieu… Il faut qu’il croisse et que moi je diminue ». La Visitation de Marie est source de joie et d’émerveillement, une rencontre aussi, qui interroge.

« Marie se rendit avec empressement auprès d’Élisabeth, et elle y demeura trois mois » Certes, une bonne nouvelle cela n’attend pas il faut la partager, la proclamer avec empressement. Le service du frère n’attend pas non plus.
Nous pourrions alors nous poser deux questions : Comment sommes-nous porteurs de la "Bonne Nouvelle", semeurs de joie et d‘espérance ? Quelle place dans nos vies pour le service du frère, l’accueil de l’étranger ?

Toute visitation est porteuse de message. Dieu nous parle à travers des médiations humaines. Comme Marie, comme Elisabeth, laissons-nous visiter par le Seigneur. Par chacun de nous, Il veut faire de grandes choses. Rien n’est impossible à Dieu.

Sœur Marcia,
Communauté Notre-Dame

 

 

 


Actualité publiée le 28 mai 2019

 

 

Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.
Amen.