60 ans du CCFD-Terre Solidaire !

Le week-end prochain sera marqué par les 60 ans du CCFD-Terre Solidaire. Il y aura pour l’occasion plusieurs rendez-vous à ne pas manquer : la messe solennelle à la basilique Saint-Sernin célébrée à 10h30, suivie d’une table ronde, ouverte à tous (à 15h).
Pour bien comprendre ce mouvement et son action, Françoise Laborde, ancienne responsable régionale du CCFD a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.

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- Comment présenteriez-vous le CCFD-Terre Solidaire à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas ?

Le CCFD-Terre solidaire est une ONG de solidarité internationale catholique qui, depuis 1961, lutte contre la faim, toutes les formes d’injustices et pour un développement respectueux des populations vulnérables des pays du Sud et d’Europe de l’Est. Cet engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église.
Il s‘appuie sur le travail de 500 organisations partenaires qui construisent elles-mêmes leur projet à travers 71 pays du monde, dans des domaines aussi variés que la défense des droits fondamentaux et construction de la paix, la promotion de l’égalité femmes-hommes, l’agroécologie, la lutte contre la déforestation... Il a eu un impact positif sur la vie de plus de 2,4 millions de personnes dans le monde.
En France et à l’international, le mouvement mène aussi un important travail de plaidoyer pour interpeller les décideurs politiques et agir sur les causes des injustices. Nous avons d’ailleurs ici des actions locales auprès des députés ou des maires, notamment au moment des élections et aussi des actions de rue...

- En France, par exemple, comment s’organise une telle action ?

Le CCFD s’appuie sur 15.000 bénévoles qui se regroupent souvent en équipes locales. Nous avons aussi des structures régionales, notamment en Midi-Pyrénées où ce type d’organisation a été pionnière au sein du CCFD. Pour sensibiliser jeunes et adultes à la solidarité internationale, nous nous bénéficions de nombreux outils : documents, jeux, vidéos, rapports...

- Quels succès ont marqué le CCFD ?

Plusieurs, notamment autour de la souveraineté alimentaire : le travail constructif du Transition vers une agroécologie paysanne au service de la souveraineté alimentaire (TAPSA) qui réunit 29 organisations paysannes et collectifs locaux, issus de 16 pays sur 4 continents. Il soutient des initiatives agroécologiques concernant la production, la transformation et la commercialisation des productions agricoles, la gestion concertée des territoires et de leurs ressources, la défense de politiques publiques adaptées. Il renforce les relations entre acteurs paysans des différents pays et continents en leur permettant rencontres et échanges de savoirs. Il y a d’autres exemples parlant, en Colombie, au Timor Leste, ou au nord du Burkina Faso...

Le CCFD est aussi présent dans le plaidoyer  : le combat contre « les biens mal acquis des chefs d’État africains »

Enfin on peut aussi évoquer le vote en mars 2017 par la France de la loi sur le Devoir de vigilance des sociétés multi-nationales quant au respect des droits humains et environnementaux par leurs filiales dans les pays du Sud. Le drame de l’écroulement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 est un exemple. Au Pérou, le CCFD lutte aussi pour la protection de la Montagne des sept couleurs, haut lieu touristique péruvien.

- Et plus proche nous, en France, que fait le CCFD ?

En région Midi-Pyrénées, les spectacles du groupe de théâtre-forum de Toulouse autour des paradis fiscaux, de l’écologie ou du sort des migrants, ont su toucher un public intéressé. Des trails solidaires organisés de 2016 à 2018, ont également rencontré un vif succès, tout comme le projet Chemins de St-Jacques pour sensibiliser les marcheurs à la solidarité internationale. Et bien d’autres encore, dont la fête de l’agroécologie, ou la participation au Festival de films documentaires Alimenterre…

- Quelles sont les principaux freins à l’action du CCFD ?

La principale difficulté rencontrée est le recrutement de nouveaux bénévoles actifs : jeunes, adultes ou jeunes retraités... Vous êtes tous les bienvenus !

- Pourquoi l’activité du CCFD est-elle traditionnellement liée à la période du Carême ?

Le partage est un des 3 piliers du Carême chrétien. Le CCFD a donc été lancé pendant le Carême 1961 par une première campagne d’appel aux dons répondant à la demande des évêques et cardinaux de France. Sa mission est de sensibiliser les chrétiens à la solidarité internationale pendant le Carême, en particulier pour le 5ème dimanche de Carême, jour de la collecte nationale. Chaque année, excepté depuis la pandémie, il invite aussi pendant cette période une trentaine de partenaires internationaux à témoigner auprès des catholiques, mais aussi d’un public plus large.
Le CCFD-Terre solidaire a une autre originalité depuis sa création. Il fonctionne en collégialité, c’est-à-dire qu’il regroupe toujours, au sein de son CA, 30 mouvements et services catholiques d’adultes et de jeunes. Parmi les plus récents qui nous ont rejoints : CVX, la DCC, la Pastorale des migrants, l’IRSI et le CNEAP, Conseil national de l’Enseignement agricole privé.

- Vous avez été sa présidente locale, à Toulouse. Qu’est-ce qui vous a menée au CCFD et vous a conduite à prendre cette responsabilité ? De quoi êtes-vous la plus fière ?

J’ai été présidente de la délégation diocésaine de Toulouse de 2009 à 2019. Ce qui m’a mené au CCFD, c’est sans doute l’interpellation de la parabole du jugement dernier dans l’évangile de Matthieu, 25... Ensuite concrètement, mon insertion dans la communauté cosmopolite du quartier des Tarterets à Corbeil-Essonnes, ma ville d’origine. Puis mon engagement dans l’ACAT qui m’a sensibilisée à la question des droits humains et l’appel du curé de Colomiers, le père Louis Duffort pour participer au lancement d’une équipe locale du CCFD.

Pour cet engagement, j’ai été motivée par l’espoir porté par les actions courageuses et efficaces des partenaires internationaux, c’est aussi leur visage et leur témoignage marquant au long de toutes les rencontres de Carême ou lors d’événements régionaux comme les forums Alternatiba. C’est aussi l’effort plus large du travail de plaidoyer depuis 2010, enthousiasmant, qui permet des avancées internationales et a aussi aidé le CCFD à être reconnu par des ONG non-confessionnelles, des élus et le grand public. C’est enfin le partage des tâches et une collaboration fraternelle.

- Pour fêter cet anniversaire, pouvez-vous nous dire ce qu’il se passera à Toulouse en mars ? En juin et fin septembre ?

À Toulouse, cette campagne et ce 60ème anniversaire seront marqués par 3 événements organisés en région Midi-Pyrénées :

  • Dimanche 21Mars 2021 : dès 10h30, une célébration à la basilique St-Sernin avec Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse et des évêques de la région. À 15h, une table ronde au lycée (tout proche) de Ste-Marie de Nevers, avec la participation enregistrée de Mgr Jubinville, évêque en Uruguay et Sylvie Bukhari-de Ponthual, présidente du CCFD-Terre Solidaire : « Tous acteurs de l’espérance depuis 60 ans ! comment le redécouvrir aujourd’hui !  »
  • Samedi 5 Juin 2021 : une journée festive sur la Prairie des Filtres, ouverte à tous, avec de multiples animations...
  • Samedi 25 septembre 2021 : un grand concert au Phare de Tournefeuille avec le groupe « Mes souliers sont rouges ».

A bientôt donc pour tous ces rendez-vous !

 


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Actualité publiée le 15 mars 2021

 

 

L’histoire du CCFD...

En 1960, c’est le moment de la prise de conscience de la question de la faim dans le monde, à travers un appel de la FAO relayé par le pape Jean XXIII. En France, un comité est constitué sous l’autorité de Mgr Ménager, secrétaire général de l’Action catholique, qui regroupe de nombreux mouvements, dont le Secours catholique. C’est le CCF (Comité catholique contre la faim) où se déroulent des débats animés entre 2 options :
- le secours d’urgence et la charité envers les pays pauvres
- ou un engagement durable pour agir sur les causes de la faim et aider au développement.
C’est la deuxième option qui a été retenue par l’Assemblée des évêques et cardinaux (ACA), éclairée par les travaux du père dominicain Lebret et par l’expérience internationale de l’ACO, de la JOC et la JAC. L’Encyclique Populorum progressio a confirmé ce choix et en 1966, le CCF est devenu le CCFD, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement.

Aujourd’hui le CCFD trouve appui dans le message vibrant du Pape François, à travers les Encycliques Laudato si et Fratelli tutti, en harmonie avec le sens de notre action.

Quelques dates marquantes...

1968  : première campagne de sensibilisation destinée aux jeunes
1983  : création du 1er produit financer de partage : le FCP, « Faim et développement ».
1992  : Forum international Terre d’avenir pour le développement au Bourget (60.000 participants)
1993  : le CCFD est déclaré Grande cause nationale

Et quelques campagnes...

2000 : le CCFD coordonne la Campagne française de plaidoyer pour « l’annulation de la dette des pays les plus pauvres »
2004 : Campagne « l’Europe plume l’Afrique »
2006 : Campagne « Le soja contre la vie »
2008 : Campagne : « Les agrocarburants, ca ne nourrit pas son monde »
2006-2011 : Campagne contre « les Biens mal acquis »
2010-2012 : Campagne « Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux »
2012 : Pacte élections « Pour une terre solidaire »
2013 : « Des multi-nationales hors jeu » ?
2015 : Campagne « En route pour la justice climatique »
2017 : Campagne élections « Prenons le parti de la solidarité »
2020 : Campagne « Le temps des solutions » pour promouvoir l’agro-écologie paysanne et solidaire