4ème dimanche de Pâques A

LE BON PASTEUR

Permettez-moi de commencer la méditation de l’évangile de ce Dimanche du bon Pasteur par une anecdote. Deux hommes reviennent de la pêche nocturne, qui leur a été très fructueuse. Ils décident de partager nuitamment leur butin dans un lieu isolé et discret. En escaladant dans l’obscurité le mur du cimetière, ils laissent tomber deux poissons devant la porte. Peu de temps après, le gardien du cimetière fait un tour d’inspection et entend à l’intérieur deux voies d’hommes, répétant plusieurs fois : un pour toi, un pour moi. Bouleversé et craintif, il alla réveiller le prêtre qui logeait à coté et lui dit : mon père, venez entendre comment le Seigneur Dieu et Satan se partagent les morts au cimetière. Arrivés tous les deux devant la porte du cimetière, ils entendent les deux voies qui alternaient : un pour toi, un pour moi. Et soudain une question est posée à l’intérieur du cimetière : que ferons-nous pour les deux autres qui sont devant la porte ? La réponse fut la même : un pour toi, un pour moi. Aussitôt, le prêtre et le gardien retournèrent chez eux en courant à grands pas, et chacun criant de toutes ses forces : mon Dieu, je ne suis pas encore mort, je suis en vie. C’est vrai, nous voulons tous aller au ciel, mais personne ne veut mourir. Jésus Christ est vivant. Il a vaincu la mort.

Ainsi, Jésus Vivant nous donne ce Dimanche le message suivant : celui qui veut aller auprès de Dieu au ciel, n’escalade pas le mur, mais il doit passer par la porte. Et la porte c’est bien lui Jésus, le bon berger, à l’image de son Père, le berger du peuple Israël (Ez 34,11-31, Ps 22). Celui qui veut aller auprès de Dieu devra écouter la voie de Jésus, le bon berger. Celui qui veut aller au ciel devra l’accueillir, marcher à sa suite et se laisser conduire par lui jusqu’auprès du Père céleste. Jésus donne ce message d’espérance en la résurrection à travers une série d’oppositions.
Le mauvais berger ou le mercenaire escalade le mur, il entre par la fenêtre pour ne pas être vu et repéré. Jésus, le bon berger, entre par la porte.
Le mauvais berger fait peur aux brebis, il ne les connait pas. Les brebis non plus ne le connaissent pas et ne lui font pas confiance. Elles peuvent même fuir à son approche. Jésus ne fait pas peur ; les brebis le connaissent et se rassemblent près de lui, parce qu’il les aime.
Le mauvais berger n’entre pas dans l’enclos pour le bien des brebis. Il ne pense qu’à lui (sa vie, sa faim, son bonheur) ; il ne vient que voler, prendre et se servir. Cependant, Jésus entre dans la bergerie pour servir, donner, se donner et sauver. Il vient dans la bergerie pour le bien des brebis : leur donner la vie et les conduire au bonheur éternel auprès de Dieu.
De cet évangile, chacun peut continuer à approfondir les principaux thèmes, entre autres : Jésus aime et prend soin de chacun. Celui qui veut entrer au ciel passe par Jésus (la porte). Celui qui désire le bonheur éternel doit accueillir Jésus ressuscité, croire en lui, l’écouter, marcher à sa suite, lui ressembler et ne faire que le bien comme lui. Aujourd’hui, Jésus veut que chacun devienne pasteur selon son divin cœur et puisse nourrir, aimer, rassembler, guider, protéger, se sacrifier et conduire les autres jusqu’auprès du bon pasteur.
Puisse la vierge Marie, au début de ce mois marial, intercéder pour nous. Que le Ressuscité nous aide à vaincre cette pandémie ; qu’il guérisse les malades et inspire les médecins et les chercheurs ; et qu’il conduise, en bon berger jusqu’ au bonheur éternel, ceux et celles qui ont quitté ce monde en ce temps de confinement. Amen. 


 Abbé Cyrille Manter, vicaire,