Edito de Décembre

La mission de gouverner

Après avoir vu les missions d’enseigner et de sanctifier, il nous reste à voir le munus regendi, la mission de gouverner qui incombe au ministère pastoral du prêtre.
Comment comprendre, dans notre culture contemporaine, cette dimension impliquant le concept d’autorité qui trouve son principe fondamental dans le mandat du Seigneur, de paître son troupeau ? Qu’entend-on par « autorité » dans l’Eglise ?
Elle est ce service exercé en référence au Christ, attaché à l’Autorité suprême qui est Dieu. Sa fin est toujours la personne, avec sa dignité propre, appelée à être en relation avec son Créateur sur le chemin terrestre de son existence. C’est donc une autorité exercée dans la responsabilité devant Dieu Créateur. L’autorité ainsi définie, qui ait ce seul but de servir le vrai bien des personnes et d’être la transparence sur l’unique Bien suprême qui est Dieu, est une aide précieuse sur le chemin vers le salut et n’est pas étrangère à l’homme de bonne volonté.
L’Eglise est appelée et engagée à exercer ce type d’autorité qui est service, et Elle l’exerce au nom de Jésus Christ qui a reçu du Père tout pouvoir au Ciel et sur la terre (cf.Mt 28,18). C’est à travers les pasteurs de l’Eglise que le Christ continue de paître son troupeau. C’est Lui qui le guide, le protège, le corrige parce qu’Il l’aime. Il est le Pasteur Suprême de nos âmes qui fait participer les prêtres en les associant à ce munus regendi dans le soin du Peuple de Dieu. Il appelle les prêtres à être ces éducateurs dans la foi qui orientent, dirigent, animent et soutiennent la communauté chrétienne qu’Il leur confie. Chaque chrétien doit, par cette attention pastorale et bienveillante des prêtres, parvenir, dans le Saint Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés (IIème Conc. du Vatican, Presbyterorum ordinis, 6).
Chacun remarque par là que le prêtre est cet intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime les hommes ; c’est à travers le ministère du prêtre, par son intermédiaire que le Seigneur et Maître atteint les âmes, les soigne, les instruit, les protège, les guide. Saint Augustin écrit dans son commentaire de l’Evangile de saint Jean « Que paître le troupeau du Seigneur soit donc un engagement d’amour  » ; comme celui du Bon Pasteur, empli de joie, ouvert à tous, attentif à chacun, attentionné à celui qui est loin, délicat envers les plus faibles, les petits, les simples, les pécheurs, tout ceci afin de manifester l’infinie miséricorde de Dieu avec les paroles rassurantes de l’espérance qui est en eux (cf. discours 340 ; 46 et 95 de Saint Augustin).
Comme pour les autres missions qui lui incombent, le prêtre en premier doit laisser le Christ gouverner sa vie sacerdotale. La docilité profonde et totale au Christ et à l’Eglise est factrice de l’authentique capacité pastorale du prêtre et conditionne la docilité même du troupeau confié (cf. homélie de Benoit XVI).
Vivons tous de cette intimité avec le Christ. Laissons-Le donc nous enseigner, nous sanctifier et nous gouverner. Ainsi chacun sera disciple de Jésus envoyé comme ouvrier pour travailler à cette mission d’annoncer l’Evangile.

          Abbé Régis l’Huillier+, curé

 

 

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