Mercredi prochain, nous entrerons en Carême pour nous tourner davantage vers Dieu et vers notre prochain en suivant Jésus dans sa mort pour ressusciter avec Lui et participer à sa vie nouvelle. Le Carême a pour but de nous faire retrouver la logique du don de nous-mêmes, qui est celle dans laquelle Dieu nous a créés, à son image. En effet, le Concile Vatican II nous dit que « l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (Gaudium et Spes, 24).
Tout ce que nous avons reçu de Dieu ne peut s’épanouir, - et ainsi glorifier Dieu -, que si nous le mettons au service des autres. Tout ce que nous sommes, chacun avec ses dons et ses charismes, est ordonné à Dieu et aux autres. Tout ce que nous gardons pour nous deviendra poussière, tout ce qui nous centre sur nous-mêmes nous défigure et nous détruit.
Pour le dire autrement, le Carême est l’école de l’amour véritable : amour de Dieu, amour du prochain. L’être humain est un être de relation, qui, pour vivre de manière pleinement humaine, a besoin de s’appuyer sur l’amour que Dieu lui porte et sur ses frères et sœurs en humanité ; de même, il apprend à aimer en se donnant lui-même à Dieu et au prochain, qui doivent pouvoir compter sur lui.
Les privations n’ont de sens que si elles nous permettent de faire plus de place à Dieu et aux autres dans nos vies. Elles sont des petits actes d’amour, des petites victoires de l’amour sur nos égoïsmes.
Le Carême doit changer nos manières de vivre, ainsi il s’accomplit réellement dans la résurrection de Jésus et dans la vie nouvelle des enfants de Dieu.
Aidons-nous les uns les autres à vivre un bon Carême ; prions les uns pour les autres, et particulièrement pour les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques.
+ Guy de Kerimel
Archevêque de Toulouse