Marie, consolatrice

Mois de mai, mois de Marie (4/4), par Marie Garrot

Marie, consolatrice

Un jour, une personne de mon entourage à la vie et à la foi malmenées, m’a dit : « Je suis fâchée avec le Fils, mais toujours en contact avec la mère ! ». Ses choix de vie l’avaient éloignée de l’Église, mais elle trouvait dans la personne de Marie, la maman bouleversée par son enfant introuvable, l’invitée qui s’inquiète du vin qui vient à manquer, la mère désemparée au pied de la croix, la femme endeuillée qui réconforte les apôtres au cénacle, celle à qui adresser toutes ses prières et ses supplications.

Il y a Marie, mère de Dieu, il y a aussi Marie, notre sœur en humanité, qui parle aux plus humbles, aux plus cabossés par la vie.

Il y a celle qui nous édifie par ses vertus d’obéissance et d’humilité et il y a celle qui a été traversée de peurs similaires aux nôtres. Comment ne pas faire un rapprochement entre l’angoisse née de la prédiction du vieux Syméon au moment de la présentation de Jésus au Temple (Lc 2, 21-39) annonçant à Marie qu’un glaive lui transpercera le cœur et celle de parents ou de malades confrontés à l’annonce d’une épreuve à venir ? Comment ne pas implorer Marie lorsqu’un enfant fugue ou disparaît, elle qui chercha trois jours durant son fils resté à Jérusalem : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » (Lc 2, 48) ?

Ils sont nombreux ceux qui trouvent auprès de Marie du réconfort. À Toulouse, Notre Dame La Daurade veille plus particulièrement sur les mères et les femmes espérant un enfant. Du monde entier, affluent des demandes de prières et de rubans. Les ex-voto qui tapissent les murs de l’église pourraient nous laisser croire que tout cela est de l’histoire ancienne. Et bien non ! Il n’est pas un mois sans un miracle, une demande exaucée. Ainsi, samedi 22 mai, une nouvelle robe offerte à la Vierge en remerciement a été bénie.

Marie, toujours présente, veille sur nous et entend nos prières.

Marie Garrot,
paroissienne à Toulouse

 

 

« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé… Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame… Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils… Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »

Extrait de "Marie de Nazareth" de Sœur Emmanuelle

 

 

 


Actualité publiée le 25 mai 2021

 

 

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s’amusent au parterre
Et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s’ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre
Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l’humiliation de l’innocent châtié
Par la vierge vendue qu’on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S’écrie : " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s’appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l’on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid
Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée
Par le baiser perdu par l’amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie.

Georges Brassens