6ième dimanche de Pâques

Que votre cœur ne soit pas bouleversé, je ne vous laisserai pas orphelins.

Depuis le dimanche dernier, nous avons commencé à méditer ce thème qui exhorte à l’espérance et à la confiance en Jésus ressuscité et vivant. En effet, dans son discours d’adieu, il annonce à ses disciples qu’il va les laisser pour aller auprès du Père. Ceci les bouleverse profondément et les attriste. L’angoisse, la détresse et la désespérance envahissent leurs cœurs et les troublent, parce qu’Ils pensent qu’il les abandonne. C’est dans ce contexte de douleur de la séparation avec ses disciples attristés que Jésus lui-même les console et les réconforte. Il rassure solennellement que c’est pour leur bien qu’il s’en va : leur préparer une place auprès du Père. Pour les apaiser, il leur dit des paroles très importantes : il ne les laissera pas seuls comme des enfants orphelins. Car, il priera le Père, et celui-ci leur donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec eux. Toutefois, Jésus donne aux disciples la condition essentielle qu’ils doivent remplir pour recevoir l’Esprit Saint : l’aimer en pratiquant fidèlement ses commandements.
Celui qui agit ainsi c’est le seul qui l’aime vraiment. Alors son cœur sera ouvert au don de l’Esprit Saint ; le Père l’aimera ainsi que Jésus lui-même qui se manifestera dans la vie intérieure du disciple consolidé dans la dynamique de l’amour, pour lui témoigner également de son amour divin. Donc, à l’absence de Jésus, le tout premier danger que le disciple courra ne viendra pas d’abord de l’extérieur, mais de lui-même : se décourager, se couper de Dieu et rompre son intimité avec le Christ ou encore fermer son cœur aux grâces de l’Esprit. Lu avant l’Ascension du Seigneur, le récit de l’évangile de ce Dimanche invite chacun à se tourner vers le Christ, à ouvrir son cœur aux grâces et aux dons de l’Esprit Saint.
Ces paroles de réconfort nous rejoignent aujourd’hui en ce moment de déconfinement progressif. Récemment le pape François l’a souligné dans une homélie : « nous n’avons pas vu venir cette pandémie. Mais c’est l’occasion de réfléchir, de penser aux conséquences qu’elle entraînera, et surtout de penser aux autres épidémies qui emportent chaque année des millions de personne dans le monde : les guerres évitables, la faim et la soif » qu’on peut pourtant éradiquer par la charité et solidarité consolidées. Malgré tout, on peut toujours trouver ce qui nous donne d’espérer et de ne pas se laisser abattre.
Je pense ici à un petit enfant, orphelin de père et de mère, qui aurait pu vivre triste, révolté et renfermé. Mais, il s’est donné pourtant une mission : faire sourire les gens. Dans sa mission, il pense donner une leçon aux adultes. Car, lui qui a eu certes de bonnes raisons de se révolter, en perdant ses parents très jeune, veut quand-même voir les autres sourire et heureux. Il demande que sa mission soit relayée par chacun d’entre nous, autour de lui et dans son milieu de vie : semer la joie et l’espérance en ces jours de déconfinement. C’est-à-dire, faire sourire les autres, les rendre heureux et les consoler. Car, il y en a peut-être qui ont perdu un proche ; il y en a peut-être aussi qui ont peur de sortir, pour ne pas être infecté par le virus. Jésus nous invite à la foi, à la confiance et à l’espérance. Il est là, il ne nous laisse pas seuls comme des orphelins ; il promet de prier le Père, afin que, par l’Esprit Saint, il nous assiste. Demandons-lui de nous pardonner les péchés ; de guérir les malades, de guider les médecins et les chercheurs ; et de nous envoyer cet autre défenseur qui sera pour toujours avec nous. Et que chacun, tout en étant prudent et responsable, soit à son tour défenseur, protecteur de la vie, de sa santé et de celle des autres.
Puissent Sainte Jeanne d’Arc et la vierge Marie, notre Dame du perpétuel secours, intercéder pour nous. Amen.

Abbé Cyrille Manter, vicaire,