Sainte Germaine, une sainte qui nous parle

À Pibrac, du 11 au 15 juin 2022

Sainte Germaine, une sainte qui nous parle

De la vie terrestre de Germaine Cousin nous ne savons rien. Elle n’a pas eu de visions, n’a pas laissé d’écrits, n’a rien dit. Elle n’a rien dit mais son corps a « parlé », retrouvé intact 43 ans après avoir été enseveli.

Ce sont les anciens du village, contemporains de Germaine qui racontent. Ils sont les témoins de sa vie et son message est lié à ces témoignages.

Puis ce sont les miracles qui ont « parlé », guérisons ou prodiges, consignés et conservés par le clergé local car ils seront nécessaires pour les dossiers de la béatification et la canonisation. Les récits de ces miracles éclairent aussi le message de Germaine.

Germaine vivait à la métairie des Cousin. On ne sait rien sur sa filiation. Fille de Laurent ? Enfant de Julien, le petit-fils de Laurent qui menait à Toulouse une vie d’étudiant dissolu ? Ce n’est pas important. Les témoignages des anciens nous apprennent qu’elle vivait dans une famille recomposée, avec une marâtre difficile et qu’elle était bergère.

Elle était manchote, et avait la maladie des écrouelles c’est pourquoi sa marâtre l’envoyait garder les moutons en filant la laine et le soir elle dormait dans la bergerie, un morceau de pain étant son repas pour la journée.

Beaucoup de petites gens se reconnaissent en sainte Germaine, tant de malades, de mal aimés, exclus par la société actuelle parce qu’ils sont différents (couleur de peau, religion, handicap) comme en témoignent les multiples cahiers d’intentions de prière disposés près de la châsse, à la basilique et à la bergerie.

 

Des signes...

Les représentations de sainte Germaine (statues, tableaux, vitraux, images) illustrent souvent des scènes de sa vie dont le récit nous a été transmis par la tradition populaire. Parmi elles, on retrouve souvent :

- le miracle des fleurs, le plus fréquent : pain partagé avec plus pauvres, fleurs de la beauté de la nature et de la vie
- le passage du Courbet : le passage du plateau de la métairie (pain partagé) au plateau de l’église (pain de la communion)
- le troupeau laissé seul autour de sa quenouille
- la prière de l’Angélus, quand sonne la cloche de l’église
- la conservation du corps mort de Germaine durant des décennies n’est pas en soi un miracle mais c’est devenu un signe pour tous ceux qui sont venus voir, puis vénérer et prier.

Puis il y a eu des guérisons, beaucoup de guérisons à la suite de prières auprès du cercueil : des personnes handicapées, des aveugles, des enfants… (les récits ces témoignages sont conservés aux archives du diocèse). Il n’y a pas que des guérisons. Retenu pour la béatification, un des miracles concerne la multiplication inexpliquée de la farine puis du pain à Bourges.

Depuis, les grâces obtenues à la suite de demandes d’intercession à sainte Germaine continuent, même de nos jours, comme en témoignent les remerciements sur les cahiers de messages des pèlerins (lire ci-dessous le témoignage de Jacques).

 

Sainte Germaine, disciple missionnaire 

Elle parlait de Dieu aux enfants, dit-on. Il est possible qu’elle répétait ce qu’elle avait entendu à la messe aux petits bergers qu’elle côtoyait journellement mais elle parlait de Dieu encore plus par sa manière d’être : le partage, la prière, on disait d’elle « la bigote ».
Nous aussi nous parlons de Dieu aux enfants, aux jeunes et adultes dans les aumôneries, groupes, équipes, célébrations. Peut-être avons-nous peur, sommes-nous limités, nous sentons-nous peu efficaces, découragés…
Mais n’oublions pas que nous parlons tout autant par notre manière d’être, dans nos actes et nos engagements, notre proximité, notre compassion, notre présence aux côtés des autres. Ce qui est à la portée de tous. Paul VI disait : "Nous avons davantage besoin de témoins que d’enseignants".

En conclusion, sainte Germaine n’a rien dit mais elle nous parle encore aujourd’hui.
Notre monde et notre société sont différents des siens : mais les pauvres n’y manquent pas, la foi n’est pas répandue, l’Église est secouée.
Sainte Germaine nous invite à vivre notre foi dans notre monde, à en témoigner simplement non pas forcément par des discours mais en actes.
Sainte Germaine nous montre ainsi le chemin de la sainteté. 

Père Jean-Marie Ruspil,
curé de Pibrac

 

 

« Depuis la découverte de son corps intact en 1844, l’histoire de sainte Germaine a connu des hauts et des bas : la Révolution, la longueur pour constituer le dossier en vue de la béatification, le dossier qui se perd, le pape qui est prisonnier, il faut tout refaire, après la béatification en 1854, il faut attendre 23 ans pour que Germaine devienne enfin sainte.
Depuis 375 ans des foules de pèlerins se pressent à Pibrac, ils viennent demander à Germaine de l’aide, un réconfort, une guérison. Ils sont toujours écoutés, entendus, aidés mais ce n’est pas instantané. Germaine nous apprend la patience !
Elle nous apprend aussi que tout travail, quel qu’il soit doit être fait avec le plus grand soin, comme les tailleurs de pierre qui au Moyen Âge sculptaient des dentelles de pierre sur les toits des cathédrales. »

Cardinal Saliège

 

 


Actualité publiée le 13 juin 2022

 

 

Prière

Sainte Germaine,
Nous l’aimons parce qu’elle respira l’air de chez nous.
Nous l’aimons parce que son souvenir est bienfaisant.
Nous l’aimons parce que sa protection nous est favorable.
Nous l’aimons parce qu’elle passa sans être remarquée,
Souffle de pureté, âme épanouie dans la charité,
Une silencieuse qui fut une orante.
Nous l’aimons parce qu’elle fut une travailleuse
Qui mit tout son cœur au devoir d’état.
Nous l’aimons parce qu’elle aima son métier
Et qu’elle fut simplement bergère de Pibrac.
Nous l’aimons parce qu’elle souffrit sans se plaindre,
Qu’elle mourut sans faire de bruit.
Nous l’aimons parce qu’elle a vécu inconnue,
Ne laissant d’elle-même d’autre trace
Qu’un tombeau que Dieu rendit glorieux.

Cardinal Saliège