Un berceau pour le Nazaréen

Une carte de vœux reçue dans ces jours de grâce qui préparent à Noël m’impressionne : on y voit un enfant blotti dans le nun de l’alphabet arabe, cette lettre qui commence le mot Nazaréen, par lequel les djihadistes désignent les chrétiens, hommes, femmes et enfants, indésirables et chassés de l’État islamique autoproclamé. Ce nun a la forme de notre U surmonté d’un point. Sur la carte, ces mots Nous sommes tous des Nazaréens au-dessous de la date 2015, où le 0 est remplacé par le nun.

« De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » répliquait fraîchement Nathanaël à l’enthousiasme de Philippe qui avait chanté son Eurêka : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth » (Jn 1, 45-46). Si Jésus est né à Bethléem en Judée, il a bien été conçu à Nazareth, en Galilée, lors de l’Annonciation, et c’est là qu’il a vécu l’essentiel de sa longue vie cachée de presque 30 ans.

Au terme d’une année difficile et même dangereuse pour le monde entier, nous avons bien besoin de ces deux signes de la Nativité du Sauveur pour avancer dans l’espérance : un berceau surmonté d’une étoile.

Joyeux Noël à chacun et à tous.

+ fr. Robert Le Gall
Archevêque de Toulouse

 


Actualité publiée le 20 décembre 2014