De la vérité à la lumière

« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer.  » Cette parole de Jésus résonne lourdement dans mon cœur en ces temps où s’étale la gravité des crimes commis par des personnes d’Église sur des enfants et des adultes. Je condamne fermement ces crimes. Les images de Jésus sont terribles pour ceux qui, non seulement « disent et ne font pas » (Mt 23, 3), mais font ce que leur ministère et leur parole réprouvent hautement.

Je m’engage à tout mettre en œuvre pour que les victimes d’abus soient reconnues, respectées pour retrouver leur pleine capacité d’aimer de manière juste. Nous devons faire en sorte qu’elles soient sont au cœur de mes préoccupations : elles doivent être écoutées et accompagnées, pour que leurs traumatismes physiques, moraux, mais aussi spirituels soient, autant qu’il est possible, réparés.

L’Église vit un temps douloureux de honte dans le désert ; elle vit une sorte de descente aux enfers méritée. Elle doit continuer à faire la lumière sur ses actes et demander pardon à Dieu et à la société pour ses infidélités à l’Évangile. Je renouvelle mon engagement à ce que l’Église de Toulouse vive en conformité avec le message de respect et d’amour inconditionnel pour toute personne, qui est au fond de l’enseignement du Christ. Le chemin est semé d’embuches, mais nous sommes en marche et devons continuer d’aller de l’avant : c’est ce que le pape François demande aux jeunes dans sa récente Exhortation Il vit, le Christ.

« Celui qui fait la Vérité vient à la lumière  » (Jn 3-21) : demandons tous humblement à Dieu de nous faire vivre dans la lumière de sa face, dans la vérité qui rend libre, elle qui est seule capable d’unifier nos vies et nos communautés.

+ fr. Robert Le Gall
Archevêque de Toulouse
Avril 2019