Edito Février 2020

Pour une alphabétisation dans la banlieue pauvre de Beyrouth

Depuis le début du conflit syrien en 2012 et l’émergence de Daesh, le Liban accueille sur son territoire plus d’1,5 million de réfugiés. Parmi eux, de nombreux enfants dont la scolarisation constitue un défi pour un pays aux infrastructures limitées.
Près de 59% des enfants ne sont pas scolarisés !
Les écoles publiques au Liban ont mis en place un système où les enfants libanais ont cours le matin et l’après-midi c’est au tour des enfants syriens. Seulement les moyens financiers ne suffisent pas. Des initiatives locales et les Eglises d’Orient interviennent pour permettre l’accueil de ces enfants.

A la suite d’une guérison miraculeuse, Tony Nekhl décide de consacrer sa vie au service des pauvres dans une banlieue de Beyrouth : Bouchrieh.

Avec ses fonds personnels, il ouvre dans un premier temps le « Restaurant de Saint Raphaël et de la fraternité », un local où les habitants pauvres du quartier peuvent venir déjeuner gratuitement. Puis, voyant l’afflux de migrants avec le conflit syrien mais surtout l’afflux d’enfants déscolarisés, il transforme son restaurant en salles de classe. Accompagné de volontaires, il propose des cours d’alphabétisation aux enfants vivants alentour.

Le centre Bouchrieh accueille chaque jour près de 140 enfants âgés de 4 à 16 ans. En plus de l’enseignement, le centre sert des repas chauds aux enfants, à leurs parents mais aussi à tous les adultes pauvres du quartier. Le centre ne dépend d’aucun fonds, il fonctionne grâce à des dons de particuliers et au dévouement de son directeur et de ses employés.

Les cinq professeurs du centre sont eux-mêmes issus de familles réfugiées. Ils comptent donc sur la régularité de leurs salaires pour pouvoir vivre.

Il faut compter également de nombreux frais de fonctionnement (le coût de la nourriture, la location des salles ainsi que le mini bus qui permet de conduire les enfants à l’école).
 A la suite des opérations de carême des années précédentes, soutien pour la construction d’un moulin dans le village natal du Père Abel au Burkina il y a deux ans et l’aide pour la réalisation d’une conduite d’eau potable dans le village du Père Cyril en R.D.du Congo l’année dernière, le Conseil pastoral a retenu comme projet pour ce carême 2020 d’aider le Centre Bouchrieh à continuer sa mission. Se souvenant de l’enseignement de Jésus : « Tout ce que vous avez fait pour le plus petit d’entre les miens qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait » (cf.Mt 25,40) et de la question de Saint Jean dans sa 1ère épître « celui qui sait son frère dans le besoin, sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (cf. 1 Jn 3,17).

Quoi de plus attendrissant qu’un enfant, et un enfant pauvre ?Prier pour nos frères victimes, ce n’est pas mal ! Partager avec nos frères dans le besoin, c’est bien et se priver pour eux c’est encore mieux ! Tel est l’effort de carême que nous vous proposons de faire ensemble cette année. Ensemble, nous pouvons faire beaucoup pour nos frères chrétiens d’Orient qui doivent pouvoir compter sur leurs frères chrétiens d’Occident que nous sommes.

 

 Vos prêtres avec les membres du Conseil pastoral.