Nous sommes nés pour vivre

À la fin de son Évangile, saint Jean nous dit : « Tous ces signes ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom » (20, 31). À la première page, il ose dire de ceux qui reçoivent la lumière du Verbe qu’« ils sont nés de Dieu » (1, 13). Notre destinée est la vie éternelle, la vie en abondance, en plénitude.


Nous avons célébré récemment le cycle de la Nativité du Seigneur, sa naissance humaine à lui qui est né du Père avant tous les siècles. Nous-mêmes, à l’inverse, naissons d’abord à la vie humaine, avant de renaître, par le baptême, à la vie divine. C’est pourquoi l’Église, fidèle à la Bonne Nouvelle, transmet cette Joie de l’Évangile et veut donner à tous des raisons de vivre, grâce à celui qui est passé de la mort à la vie. Elle a toujours demandé de respecter la vie de sa conception à sa fin naturelle.


Des projets de lois sont régulièrement déposés pour que les personnes humaines puissent mieux maîtriser leur fin de vie (cf. le Rapport de présentation et texte de la proposition de loi de MM. Alain Claeys et Jean Leonetti créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, 12 décembre 2014). Autant il est légitime, notamment par les soins palliatifs, de rendre sereins les derniers moments de la vie avec un entourage compétent et affectueux, autant demander ou donner la mort n’est pas acceptable, car la vie ne nous appartient pas. Il ne convient pas non plus de favoriser l’acharnement thérapeutique : il faut laisser les gens partir dans la paix quand c’est l’heure. La limite est parfois ténue entre le soulagement des souffrances (qui peut comporter certaines formes de sédation) et le suicide assisté, mais le premier et le second sont d’une nature morale totalement différente : la mort ne peut jamais être directement voulue, ni par le patient ni par les équipes médicales.


Nous sommes tous conscients des cas de conscience qui peuvent se poser dans des circonstances critiques, mais il est de notre devoir de rappeler le respect absolu de la vie humaine, en un temps où elle est souvent comptée pour rien dans la violence aveugle ou organisée, ou dans l’indifférence, comme pour l’avortement. En les remerciant pour leur implication généreuse, nous invitons les chercheurs, les médecins, les personnels hospitaliers à soutenir les patients et leurs familles, dans une proximité humaine marquée de réelle fraternité et même de tendresse.

+ fr.Robert Le Gall

Archevêque de Toulouse

février 2015