Méditation pour le 4ième dimanche de carême

Dimanche de la joie

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez »

Tel est la demande du Seigneur que nous transmet Isaïe et que la Mère Eglise nous fait chanter ce dimanche quatrième de carême, dimanche de la joie.
Comment le Seigneur peut-Il nous demander d’être réjouis alors que nous sommes confinés, consignés chez nous, éloignés les uns des autres ? Oui, Seigneur ! Comment pouvez-vous nous faire une telle demande alors que des dizaines de centaines de frères sont éprouvés par cette pandémie, certains ont quitté cette vie terrestre pour la vie céleste laissant des familles endeuillées ? Comment pouvez-vous nous demander d’exulter alors que des médecins, des soignants s’épuisent au chevet des porteurs de ce virus ?
Mais dites-moi, Seigneur, ne me tromperais-je pas de questions ? Sont-ce vraiment ces questions qu’il faille vous poser ? Oui, je le perçois bien, grâce à votre amour qui m’éclaire dans l’instant, ces questions ne sont pas les bonnes.
Ce qu’il me faut vous demander, Seigneur en ces temps, je le fais, réjoui avec toute l’Eglise (la Jérusalem) en exultant à cause d’Elle, moi qui L’aime avec tous ceux dont vous m’avez confiés les âmes et qui L’aiment aussi : « Dieu qui a réconcilié avec Toi toute l’humanité en lui donnant ton propre Fils, Augmente la Foi du peuple chrétien ». Telle est la prière du début de la messe de ce dimanche de la joie que Tu inspires par ton Esprit Saint à tes enfants. C’est cette demande que Tu veux entendre de nous, celle d’augmenter notre Foi pour que nous croyions que ton Fils est l’Unique Sauveur qui va nous sauver par les mérites de sa Passion pendant laquelle Il va être blessé et où Il va souffrir jusqu’à la mort et la mort sur une croix pour ensuite ressusciter. Car c’est jusque là qu’Il t’a aimé et nous a aimés. C’est jusque là qu’Il S’est fait obéissant. Tu veux, Ô Dieu d’amour, que nous ayons cette Foi qui même plus petite qu’une graine de moutarde nous fasse croire au plus profond de notre cœur, nous persuade, nous convainc que Jésus est le seul Sauveur : Que c’est par ses souffrances qu’Il a porté les nôtres et que c’est dans ses blessures que nous trouvons la guérison (cf. Is. 53).
De là où je suis, en communion spirituelle avec tous les paroissiens de notre Ensemble paroissial de Villefranche de Lauragais mais aussi pour tous ceux qui luttent contre ce fléau, surtout pour eux d’ailleurs, je Te présente dans la joie le Sacrifice qui sauve notre vie et Te priant humblement de pouvoir le célébrer avec respect pour le salut du monde. Comment ne pas être réjoui devant ces mots que Tu me donnes Seigneur de Te dire avec toute l’Eglise comme prière sur les offrandes de la messe de ce dimanche, offrandes qui vont devenir le Corps et le Sang de ton Fils dont le Sacrifice est une fois encore renouvelé. Corps livré et Sang versé pour la multitude afin que le monde soit sauvé.
Le psaume 22 (23), catéchétique, nous enseigne que si nous traversons les ravins de la mort, nous n’avons rien à craindre car Tu es avec nous ! N’est-elle pas là la foi qu’il nous faut avoir ? Oui, croire que Tu es avec nous !
Alors, fils bien aimés de Dieu et de l’Eglise notre Mère, même si nous sommes confinés, si nous sommes consignés, nous devons rester confiants ! Le Seigneur ne nous abandonnera pas et déjà Il nous bénit Lui qui est Père, Fils et Saint Esprit.
Uni à chacun de vous tous par la prière confiante dans la miséricorde du Père, je vous place sous le manteau maternel de Notre Dame de Clary, de Roqueville et des Miracles afin que cette Mère bien aimée nous protège de tous dangers, Elle la Vierge Sainte Glorieuse et Bénie.


 Abbé Régis l’Huillier+,

curé de l’Ensemble paroissial de Villefranche.