Fête de Notre-Dame de Lourdes

11 février 2019

Fête de Notre-Dame de Lourdes

 

Lourdes, cité de la joie

Les pèlerins de notre diocèse qui se rendent à Lourdes n’ont pas tous une demande de guérison à présenter à Notre-Dame. Certains s’y rendent pour rendre grâce. D’autres pour se ressourcer. D’autres encore parce qu’ils savent pouvoir trouver en ce lieu béni la cause de leur joie.


Le secret des chrétiens

Selon l’écrivain anglais Chesterton (1874-1936), la joie est le secret des chrétiens. Non pas la joie superficielle ou éphémère de cette terre, mais la joie surnaturelle de l’Esprit. Ce secret, Jésus, dans sa prière sacerdotale au Père, nous le révèle : « Je dis ces choses, encore présent dans le monde, pour qu’ils aient en eux-mêmes ma joie en plénitude. » Jésus parle ici des disciples que le Père lui a donnés.

 

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir »

Pour un chrétien, non seulement la joie vient du Christ, mais elle est le Christ lui-même. Marie est cause de notre joie parce qu’elle est celle qui l’a porté au monde. A cet égard, il est important de signaler que la spiritualité nous apprend qu’ « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (20,35). Les Actes des Apôtres rapportent cette sentence comme une parole de Jésus.
Joie et don s’impliquent mutuellement. Et dans quel ville cette circularité du don et de la joie se déploie-t-elle davantage qu’à Lourdes ? Que l’on pense à toutes les personnes qui accompagnent les malades, tous ces bénévoles, ces brancardiers, à tous ces serviteurs discrets que l’on croise dans la cité mariale.
La joie reçue de Dieu nous pousse à annoncer le Christ, qui en est la cause. Et ce don produit en retour un surcroît de joie chez le messager de l’Evangile. A l’image du Christ, le chrétien ne garde pas la joie pour lui seul. Il n’a de cesse au contraire de la communiquer à ses frères, comme le feu pascal passe de main en main durant la vigile pascale.

 

Une joie paradoxale

La joie dont Marie est la cause est bien une joie surnaturelle qui prend le contre-pied des critères du monde. La joie chrétienne ne résulte pas en effet de la recherche compulsive des plaisirs sensibles, de la consommation à outrance, du profit immédiat, ou de la poursuite de la puissance. A Lourdes, la Vierge nous enseigne au contraire la voie étroite de la véritable joie. La source de celle-ci, Bernadette l’a trouvée en suivant Jésus et les Béatitudes – Béatitudes dont la vie de la voyante est l’illustration saisissante, à Lourdes comme à Nevers, dans la lumière de la notoriété harassante comme dans l’obscurité choisie de Saint Gildard.

 

Un feu caché

La joie naît aussi de la vision de la beauté. Marie, la plus belle créature que Dieu ait jamais créée (à l’exception de la nature humaine de Jésus), a été pour Bernadette une cause de joie. Mais la beauté mariale résulte non de canons esthétiques, mais de la charité. Notre-Dame est belle, parce qu’à l’image de Jésus, elle est tout amour. C’est cette beauté de l’amour qui remplit d’allégresse les coeurs des pèlerins. Dans cette joie cachée, les pèlerins devinent le feu qui permit à Bernadette de tenir et de témoigner jusqu’au bout de la réalité de l’apparition dont elle bénéficia.
Dans l’esprit de beaucoup de personnes, Lourdes est la ville des miracles. S’ils savaient pouvoir y trouver la joie durable, ils seraient plus nombreux encore à se rendre sur les bords du Gave !

Jean-Michel Castaing