La Visitation

Jeudi 31 mai 2018

La Visitation

 

La Visitation de la Vierge-Marie a d’abord été fêté dans l’Église d’Orient (les byzantins célébraient la Visitation comme la déposition du vêtement de la Mère de Dieu dans la basilique Sainte-Marie-Mère de Dieu au Nord de Constantinople) puis par l’Eglise d’Occident (dès 1263 chez les franciscains).

 

La transmission de la Fête de la Visitation entre l’Orient et l’Occident est mal connue, mais il est intéressant de noter qu’en raison de l’Octave de la Fête de Saint Jean-Baptiste, la Visitation devient la commémoration de la présence de Marie dans la Maison de Zacharie et d’Élisabeth ! De cette rencontre, Jean-Baptiste va être, dans le sein maternel sanctifié avant de naître : « Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle… » Luc 1, 41

 

La Visitation, c’est donc la visite de Marie à sa cousine Elisabeth peu après qu’elle a accepté de donner naissance à Jésus. Inspirée par l’Esprit-Saint, Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste alors qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant, reconnaît en Marie "la mère de son Seigneur". C’est à ce moment que Marie prononce son Magnificat. La visitation est célébrée à la clôture du mois dédié à Marie.

 

La joie qui permet la rencontre
St Luc expose les sentiments habitant le cœur de la Sainte Vierge-Marie : lorsque l’Ange Gabriel lui annonce qu’elle sera la Mère du Sauveur, elle répond : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ?  »
L’Ange répondra : « l’Esprit Saint viendra sur toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre … déjà Élisabeth, ta parente, a conçu elle aussi, un fils en sa vieillesse, et c’est actuellement son sixième mois, elle que l’on appelle stérile : car rien n’est impossible à Dieu. » Cette double annonce est intéressante, car il y a d’un côté l’annonce de la promesse de la naissance du Sauveur et d’un autre l’annonce d’une naissance tout aussi improbable mais qui montre que rien n’est impossible à Dieu. Spontanément, la Vierge donne son Fiat : « Je suis la servante du Seigneur  ». C’est extraordinaire de grandeur, de beauté et de simplicité. Que fait Marie de ce trésor qui vient bouleverser sa vie ? Elle se lève et s’en va en hâte au pays des montagnes : elle entre dans la Maison de Zacharie pour aller à la rencontre de sa cousine. Cette rencontre est le signe de la joie qui triomphe dans le cœur de Marie. L’Écriture continue comme nous l’avons cité plus haut : « Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car votre voix, lorsque vous m’avez saluée, n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. »

 

Un Hymne à la vie
La rencontre de ces deux cousines est très belle : les deux enfants intra-utero communiquent entre eux. Jean-Baptiste trésaille de joie devant le Sauveur que porte Marie. Ce passage est un hymne à la vie et un encouragement à la défendre dès sa conception ! Soyons courageux : la culture ambiante de mort nous paralyse trop souvent rendant nos cœurs secs comme du bois. Mais soyons libres et soyons au service de la vie, vrai don de Dieu. C’est le prix de la joie !
L’Église prend soin de la vie et de la dignité de chaque personne humaine, de la conception à la mort naturelle. Ainsi le pape François l’a souligné dans Evangelii Gaudium « Parmi ces faibles, dont l’Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître… auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine afin de pouvoir en faire ce que l’on veut, en leur retirant la vie et en promouvant des législations qui font que personne ne peut l’empêcher… Cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains. Elle suppose la conviction qu’un être humain est toujours sacré et inviolable, dans n’importe quelle situation et en toute phase de son développement.  »

Répondre au plan de Dieu
« Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites  ». Marie laisse éclater sa joie par le Magnificat !

 

La Vierge Marie peut nous apprendre à répondre au plan de Dieu pour chacun de nous. Marie vivait pauvrement et simplement, aux antipodes du matérialisme qui caractérise notre monde actuel. Sachons redécouvrir les joies simples et le silence, en n’hésitant pas, par exemple, à éteindre parfois nos smartphones. Elle connaissait parfaitement les Saintes Écritures ; et nous ? Connaissons-nous notre catéchisme ? Avons-nous lu l’intégralité du catéchisme de l’Église Catholique ?

 

En cette fête de la Visitation, faisons de notre maison la Maison de Zacharie pour accueillir la Vierge Marie. Laissons-nous saisir par sa présence car elle vient avec son divin Fils qu’elle nous offre. A travers le Sacrement de la réconciliation, pour bien nous préparer à cette fête, que notre communion sacramentelle soit l’occasion pour chacun d’entre nous de tressaillir de joie et d’aller à la rencontre de l’autre.

 

 

Chanoine Thibaut d’Aviau de Ternay, ICRSP et Chapelain de la Chapelle Saint Jean-Baptiste à Toulouse.

 

 

Sources consultées : Évangile de St Luc Ch. 1 –édition Crampon, Cardinal Schuster, Evangelii Gaudium du Pape François.

 

 


Actualité publiée le 31 mai 2018