Homélie des ordinations presbytérale et diaconale

Texte de Mgr Guy de Kerimel

Homélie des ordinations presbytérale et diaconale

Cédrick, Anthony et Antoine, le Seigneur vous a appelés et vous avez répondu à cet appel en vous mettant en route à sa suite. Votre réponse à l’appel de Dieu vous a mis en mouvement, et la marche ne prendra fin que dans la Jérusalem céleste. Le ministère ordonné est un ministre itinérant, comme le suggère les lectures de ce jour ; il vous fait suivre le Christ et aller là où Il vous envoie. Sur cette route vous trouverez des lieux accueillants mais aussi des lieux qui refuseront de vous accueillir. Vous ne pourrez jamais vous installer durablement et confortablement dans tel lieu ou dans telle communauté, car suivre le Christ demande d’aller toujours de l’avant. Par ailleurs, le célibat consacré dans lequel vous venez de vous engager librement, Antoine et Anthony, et dans lequel tu t’es engagé l’an dernier, Cédrick, vous a fait renoncer à trouver une stabilité dans le mariage pour être tout à Dieu et tout à tous. La stabilité des ministres ordonnés est le Cœur du Christ, elle se développe dans la prière, le cœur à cœur avec Lui. C’est Lui le fondement de notre être et de notre ministère, notre repos et notre force. Lui qui n’avait pas d’endroit où reposer la tête demeurait en son Père, dans l’amour de son Père. Votre stabilité se trouve aussi l’Église diocésaine dans laquelle l’ordination diaconale vous incardine. En effet, par l’ordination diaconale, Antoine et Anthony, vous êtes liés à l’Église de Toulouse qui est votre famille, votre point d’ancrage. C’est avec cette Église particulière que vous marchez à la suite du Christ, c’est en Elle que vous exercerez votre ministère.

Le Pape François, dans sa première exhortation apostolique, invitait les pasteurs, toi Cédrick, vous Antoine et Anthony dans un proche avenir si Dieu le veut, à se tenir devant le Peuple en marche pour lui indiquer la route, au milieu pour marcher à son pas, derrière pour témoigner de leur confiance dans le sens de la foi du Peuple de Dieu, mais aussi pour ne pas abandonner ceux qui peinent sur le chemin. C’est ainsi que le Christ marchait avec ses disciples. Parfois Il vous enverra en éclaireurs, mais c’est toujours pour le service de l’ensemble de ses disciples. La démarche synodale voulue par le pape François pour l’Église universelle nous rappelle que nous avons à faire route ensemble et que la mission des ministres ordonnés est au service de la mission du Corps tout entier. Ce ministère vous fait marcher avec tous les baptisés sur les routes des hommes, sur les routes de nos contemporains, pour les rejoindre dans leur vie, pour partager leurs espoirs et leurs angoisses, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ. L’évangile des pèlerins d’Emmaüs est un exemple que nous laisse le Christ pour éclairer notre ministère.
 

Vous êtes donc engagés à la suite du Christ. Or le chemin de Jésus sur cette terre L’a conduit à Jérusalem pour y accomplir le salut de l’humanité en offrant sa vie sur la croix et en ressuscitant d’entre les morts. Le chemin mène à la croix du Christ et à sa Résurrection, pour vivre d’une vie nouvelle dans la liberté des enfants de Dieu. C’est ce que vous allez prêcher, enseigner, célébrer, et que vous avez à vivre. Le Seigneur vous appelle à vous attacher à Lui sans partage et à témoigner par votre vie de la Bonne Nouvelle que vous avez mission d’annoncer. La croix du Christ est le passage obligé pour entrer dans la vie nouvelle et dans la vraie liberté, elle se concrétise dans les renoncements que vous avez déjà acceptés et ceux que le Seigneur vous demandera. Vous avez quitté des relations, des biens, un pays, un milieu familial, mais vous recevez au centuple avec, en plus, cette liberté intérieure indispensable au déploiement de la charité pastorale. Vous avez renoncé à vous laisser mener par les tendances égoïstes qui font la guerre à l’âme, pour marcher sous la conduite de l’Esprit Saint. C’est Lui qui met en vous ce feu de la charité qui vous fait aller au-devant de tous ceux que le Seigneur met sur votre route, et qui vous fait prier, intercéder pour qu’ils accueillent le salut de Dieu.
 

Vous êtes envoyés pour annoncer la victoire du Christ sur le péché, le mal et la mort, et pour faire entrer ceux qui accueillent la Parole de Dieu dans l’Alliance Nouvelle et Éternelle par les sacrements que vous confèrerez. Cette victoire est celle de la croix du Christ, par laquelle nous vient toute grâce. Jésus n’a pas détruit ses ennemis par un feu venu du ciel, mais Il les a aimés jusqu’à donner sa vie pour eux. S’Il a envoyé un feu venant du ciel, c’est le feu de l’Esprit Saint, donné pour la rémission des péchés, pour transformer le pain et le vin en Corps et Sang du Christ ; Il est donné pour la réconciliation et la guérison, pour la vie nouvelle, la communion, la charité fraternelle et la paix. Jésus n’est pas venu pour condamner ni détruire, mais pour sauver. Ses ministres n’ont pas d’autres armes de victoire que le glaive de la Parole de Dieu et la croix du Christ.
 

En dehors de la Parole de Dieu, des sacrements et de la charité pastorale, les ministres ordonnés ne disposent pas d’autres moyens pour accomplir leur mission. Souvenez-vous que le Christ avait envoyé ses Apôtres les mains vides. Nous faisons donc l’expérience d’une grande pauvreté intérieure qui est la condition normale de l’exercice du ministère. Nous ne pouvons nous appuyer que sur le Christ et sur sa grâce, en Église, car toute mission est toujours exercée en communion avec l’ensemble du Corps du Christ. Avec l’Église et en son nom, Anthony et Antoine, vous vous engagez à prier la Liturgie des Heures pour que Dieu soit connu, aimé et que sa grâce soit accueillie par le plus grand nombre. L’ordination diaconale vous attache à la personne de l’évêque pour l’aider ainsi que les prêtres dans le service de la Parole, de l’autel, et de la charité. Toi, Cédrick, par l’ordination presbytérale tu deviens collaborateur de l’évêque et tu entres dans le collège des prêtres au service du Peuple de Dieu qui est en Haute-Garonne.

Que l’Esprit Saint vous comble de toutes les grâces nécessaires à votre ministère et qu’Il vous garde toujours pauvres de cœur à l’imitation du Christ à la suite duquel vous allez sur les routes du monde !

 + Guy de Kerimel
 Archevêque de Toulouse

 


Actualité publiée le 27 juin 2022