Pentecôte : l’Esprit Saint, chef d’orchestre et soliste à la fois

par Jean-Michel Castaing

Pentecôte : l’Esprit Saint, chef d’orchestre et soliste à la fois

À la Pentecôte, l’Esprit Saint descend sur les apôtres. Il les rend capables de s’exprimer en autant de langues qu’il y a de nations sous le soleil. Le salut est annoncé à l’ensemble de la création.


Singularité et universalité

Dans cet événement qui clôt le cycle pascal, le signe auquel on reconnaît la divinité de l’Esprit réside dans ce miracle : l’universalité du salut s’accomplit dans le respect des différences. La rédemption est une, acquise par un seul : Jésus-Christ. Cependant, elle fait droit aux idiomes de chaque peuple.

Ce que l’Écriture nous révèle de l’Esprit à l’échelle du monde des hommes est transposable à celle de nos personnes individuelles parce que l’Esprit respecte en chacun de nous ses particularités. Il ne bâtit pas l’Église comme un tout homogène mais en favorisant au contraire les singularités. Saint Paul affirme qu’il existe plusieurs charismes, mais c’est toujours le même Esprit.

Ainsi la vocation propre à chacun, son unicité, découle non seulement de l’Incarnation (le Verbe s’est fait l’un de nous, un singulier unique), mais aussi de l’Esprit Saint. Toute créature existe avec sa temporalité propre. L’Esprit Saint assume en chacune la signification positive et constitutive de cette temporalité singulière, irréductible à toutes les autres, même si nous habitons le même monde (exister, c’est toujours co-exister).

L’Esprit est le gardien des différences 

Si l’Esprit singularise nos temporalités, cela tient à ce que dans le mystère éternel de la Trinité, c’est lui qui sauvegarde la différence infinie du Père et du Fils. Il est ce mystérieux Troisième, autre que le Père et le Fils, mais qui constitue néanmoins leur lien d’amour. Autrement dit, l’Esprit est à la fois l’unité du Père et du Fils ainsi que leur altérité personnifiée. En effet le véritable amour honore l’autre dans sa différence. Il n’est jamais ni fusion ni absorption. De même l’Esprit est à la fois l’unité et la différence des deux autres Personnes divines.

Cette particularité de l’Esprit Saint se retrouve au niveau de nos existences particulières. C’est lui qui permet à chacun de nous d’accomplir sa vocation propre. Aussi, dans l’Église, est-il facteur d’unité tout stimulant la créativité de chaque membre individuel. Il construit le Corps du Christ comme un grand architecte, et dans le même temps il se manifeste au plus intime de nos personnes, sans éclat ni bruit assourdissant. Chef d’orchestre et soliste à la fois !

Jean-Michel Castaing